La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L’Épître de saint Paul aux Hébreux
L’Épître aux Hébreux est le grand traité du Nouveau Testament sur le sacerdoce et le sacrifice du Christ : le Fils, supérieur aux Anges et à Moïse, prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech, qui S’est offert une fois pour toutes. Ses treize chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l’abbé Fillion, avec la Vulgate ; le guide qui suit en explique l’auteur, le plan et la doctrine, jusqu’au sacrifice de la messe.
Lire Hébreux : 13 chapitres
L’Épître aux Hébreux, Epistola ad Hebraeos dans la Vulgate, est la dernière des quatorze épîtres de saint Paul, placée après le billet à Philémon et avant l’Épître de saint Jacques. Elle s’ouvre sans salutation, comme un sermon, et son auteur l’appelle lui-même « cette parole de consolation » (He 13, 22). Son sujet est Jésus-Christ : le Fils par qui Dieu a parlé en dernier lieu, le grand prêtre qui S’est offert Lui-même une fois pour toutes. Aucun autre livre du Nouveau Testament n’explique aussi complètement pourquoi les sacrifices de l’ancienne Loi ont pris fin, et pourquoi l’Église possède un sacerdoce, un autel et un sacrifice.
Il ne faut pas la confondre avec la « Bible hébraïque », c’est-à-dire l’Ancien Testament tel que le conservent les Juifs. C’est une lettre du Nouveau Testament adressée à des chrétiens d’origine juive ; mais peu de livres de la Nouvelle Alliance sont aussi tissés de l’Ancienne. Elle cite les psaumes à chaque page, et presque toujours d’après la version grecque des Septante.
Qui a écrit l’Épître aux Hébreux ?
L’Église l’a reçue comme l’œuvre de saint Paul. Le concile de Trente (session IV, 1546) énumère les quatuordecim epistolae Pauli apostoli, les quatorze épîtres de Paul apôtre, dont la dernière est adressée aux Hébreux.
Les indices internes vont dans ce sens. L’auteur est un compagnon de Timothée, qu’il appelle « notre frère Timothée », tout juste « mis en liberté » (He 13, 23) ; il écrit d’Italie, où Paul avait été prisonnier : « Les frères d’Italie vous saluent » (He 13, 24). Sa doctrine est celle de Paul : la Loi comme ombre des biens à venir, comme dans l’Épître aux Galates et l’Épître aux Colossiens, et le verset d’Habacuc, « Mon juste vit de la foi » (He 10, 38), que Paul cite aussi aux Romains.
Le témoignage des Pères est net en Orient, plus lent en Occident. Saint Clément de Rome s’en sert déjà vers l’an 96. Clément d’Alexandrie, selon Eusèbe, pensait que Paul l’avait écrite en hébreu pour les Hébreux et que saint Luc l’avait traduite en grec, d’où la parenté de son style avec celui des Actes ; Paul n’y aurait pas mis son nom par égard pour des lecteurs prévenus contre lui. Origène jugeait que les pensées sont de l’Apôtre et la rédaction d’un autre, ajoutant que Dieu seul sait qui l’a mise par écrit. En Occident, Tertullien l’attribuait à Barnabé, et plusieurs auteurs latins hésitèrent jusqu’à la fin du IVe siècle ; saint Jérôme et saint Augustin la reçurent comme canonique, et leur autorité fixa sa place. Saint Jean Chrysostome et saint Thomas d’Aquin l’ont commentée comme étant de Paul.
La Commission biblique pontificale a précisé la position catholique le 24 juin 1914. Les doutes anciens de l’Occident ne permettent pas d’hésiter à compter l’épître parmi les lettres authentiques de saint Paul ; l’absence de son nom et la qualité du grec n’affaiblissent pas cette attribution, que confirme l’accord de la doctrine ; mais il n’est pas nécessaire de tenir que Paul lui a donné lui-même la forme où nous la lisons. Beaucoup de critiques modernes tiennent l’auteur pour inconnu ou nomment un autre membre de l’entourage de Paul ; la tradition de l’Église et la Commission s’en tiennent à l’Apôtre.
À qui l’épître est-elle adressée ?
À des chrétiens nés dans le judaïsme, très probablement ceux de Jérusalem et de Palestine. Ils connaissaient le Temple, le sacerdoce d’Aaron et la fête de l’Expiation. Ils avaient souffert pour la foi : « vous avez soutenu un grand combat de souffrances », « vous avez accepté avec joie la perte de vos biens » (He 10, 32-34). Maintenant ils se lassaient ; certains désertaient les assemblées, et la tentation était forte de revenir au culte du Temple, plus visible et plus prestigieux.
Quand et pourquoi a-t-elle été écrite ?
Avant la ruine de Jérusalem et du Temple en 70 : l’épître parle des sacrifices lévitiques comme d’un culte encore célébré, puisqu’« il s’y trouve déjà ceux qui offrent des oblations selon la loi » (He 8, 4). On la place d’ordinaire vers 63-64, en Italie, après la libération de Paul et de Timothée. Elle fut écrite pour des hommes tentés de retourner aux figures : l’ancienne Alliance n’était qu’une ombre, et quitter le Christ pour l’ombre, c’est tout perdre.
De quoi parle l’Épître aux Hébreux ? Résumé
Les premiers mots donnent le thème : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois à nos pères par les prophètes, Dieu, […] dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils » (He 1, 1-2). Le Fils est plus grand que tous les médiateurs de l’ancienne Alliance : les Anges, Moïse et les prêtres de la race d’Aaron. L’épître alterne exposés doctrinaux et exhortations pressantes.
Le Fils supérieur aux Anges (chapitres 1 et 2)
Le Fils est « la splendeur de Sa gloire, et l’empreinte de Sa substance » (He 1, 3), et le Père Lui dit ce qu’Il n’a jamais dit à un Ange : « Tu es Mon Fils, Je T’ai engendré aujourd’hui » (He 1, 5), parole du psaume 2 ; « Ton trône, ô Dieu, est dans les siècles des siècles » (He 1, 8), parole du psaume 44 (45 dans les bibles modernes). Les Anges sont « des esprits qui servent, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent recevoir l’héritage du salut » (He 1, 14), verset que l’Église applique aux anges gardiens.
Il faut donc écouter le Fils, car « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut » (He 2, 3) ? Pourtant le Fils a été « abaissé pour un peu de temps au-dessous des Anges » (He 2, 9), selon le psaume 8. Il a pris la chair et le sang « afin que, par la mort, Il détruisît celui qui avait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable » (He 2, 14), et Il a été rendu semblable à Ses frères « afin de devenir un pontife miséricordieux et fidèle » (He 2, 17).
Plus grand que Moïse ; le repos de Dieu (chapitres 3 et 4)
Moïse a été fidèle comme serviteur dans la maison de Dieu ; le Christ est le Fils, établi sur la maison, « et cette maison, c’est nous » (He 3, 6). L’auteur commente alors le psaume 94 (95 dans les bibles modernes), le Venite par lequel l’Église ouvre chaque jour l’office de Matines à l’invitatoire : « Aujourd’hui, si vous entendez Sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (He 3, 7-8). La génération rebelle du désert n’est pas entrée dans la terre promise ; Josué ne lui a pas donné le vrai repos (He 4, 8). « Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu » (He 4, 9), et il faut s’empresser d’y entrer, sous le regard de la parole de Dieu qui juge les cœurs.
Un grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech (chapitres 4, 14 à 7)
« Ayant donc un grand pontife qui a pénétré dans les Cieux, Jésus, Fils de Dieu, demeurons fermes dans la profession de notre foi » (He 4, 14). Ce pontife peut « compatir à nos faiblesses », car Il a été tenté comme nous en toutes choses, « sans commettre le péché » (He 4, 15).
Tout pontife est pris d’entre les hommes pour offrir « des dons et des sacrifices pour les péchés » (He 5, 1), et nul ne s’attribue cet honneur, « mais on y est appelé de Dieu, comme Aaron » (He 5, 4). Le Christ l’a reçu du Père, qui Lui a dit : « Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech » (He 5, 6). Dans Sa Passion, avec un grand cri et des larmes, « Il a appris l’obéissance, par ce qu’Il a souffert » (He 5, 8).
Après une sévère mise en garde contre la tiédeur et l’apostasie (chapitre 6), et le rappel de la promesse faite à Abraham, l’« ancre solide et ferme de notre âme » (He 6, 19), l’auteur développe le psaume 109 (110 dans les bibles modernes), Dixit Dominus, que le Bréviaire chante aux Vêpres du dimanche. Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut, vint au-devant d’Abraham, le bénit et reçut de lui la dîme, comme le raconte la Genèse au chapitre 14.
L’Écriture ne lui donne ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement, ni fin ; il est ainsi « rendu semblable au Fils de Dieu » (He 7, 3). Le sacerdoce lévitique n’a rien amené à la perfection ; le sacerdoce étant changé, la loi l’est aussi (He 7, 12). Le Christ, établi avec serment, possède « un sacerdoce éternel » (He 7, 24), « étant toujours vivant pour intercéder en notre faveur » (He 7, 25). Il n’a pas besoin d’offrir chaque jour des victimes, « car cela, Il l’a fait une fois pour toutes, en S’offrant Lui-même » (He 7, 27).
La nouvelle alliance, le sanctuaire et le sacrifice (chapitres 8 à 10, 18)
Le « point capital » (He 8, 1) est que nous avons un tel pontife, assis dans les Cieux, ministre du vrai tabernacle. Le tabernacle de Moïse n’était qu’« une figure et une ombre des choses du Ciel », bâti « selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne » (He 8, 5). Dieu Lui-même avait annoncé par Jérémie une alliance nouvelle (He 8, 8-12), qui accomplit l’oracle de Jérémie 31 ; et « en disant : Une nouvelle alliance, Dieu a déclaré la première vieillie » (He 8, 13).
Au chapitre 9, l’auteur décrit le tabernacle et le jour de l’Expiation prescrit au chapitre 16 du Lévitique : une fois par an, le grand prêtre seul entrait dans le Saint des saints, « non sans y porter du sang » (He 9, 7). « Mais le Christ étant venu comme pontife des biens futurs […] Il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs ou des veaux, mais avec Son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle » (He 9, 11-12).
Ce sang, offert « par l’Esprit-Saint », purifiera « notre conscience des œuvres mortes » (He 9, 14). Comme Moïse avait scellé l’ancienne alliance avec le sang des victimes en disant : « Ceci est le sang de l’alliance » (He 9, 20), d’après l’Exode, au chapitre 24, le Christ est le médiateur d’un nouveau testament scellé par Sa mort.
Le chapitre 10 en tire la conclusion : « il est impossible que le sang des taureaux et des boucs enlève les péchés » (He 10, 4). Entrant dans le monde, le Christ dit avec le psaume 39 (40 dans les bibles modernes) : « Vous n’avez pas voulu de sacrifice ni d’offrande, mais Vous M’avez formé un corps » (He 10, 5). L’épître suit ici le grec des Septante ; la Vulgate du psautier, faite sur un autre texte, porte « Vous m’avez façonné des oreilles ». Et la conclusion tombe : « par une seule oblation, Il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (He 10, 14).
Persévérer dans la foi (chapitres 10, 19 à 12)
« Approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi » (He 10, 22), sans abandonner les assemblées, et craignons le jugement qui attend l’apostat : « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (He 10, 31).
Vient alors la grande galerie de la foi du chapitre 11. Elle commence par Abel, dont le sacrifice fut agréé et qui, « quoique mort, il parle encore » (He 11, 4). Suivent Hénoch, Noé, Abraham qui partit « ne sachant pas où il allait » (He 11, 8) puis offrit Isaac en pensant « que Dieu est puissant, même pour ressusciter d’entre les morts » (He 11, 19), Moïse qui préféra « l’opprobre du Christ » aux trésors de l’Égypte (He 11, 26), les juges, les rois et les prophètes.
Ceux qui « ont été cruellement tourmentés, n’acceptant pas d’être délivrés, afin de trouver une meilleure résurrection » (He 11, 35) sont, selon les commentateurs catholiques, les martyrs du IIe livre des Maccabées, au chapitre 7 : la mère et ses sept fils, qui attendaient que le Roi du monde les ressuscite.
Environnés d’« une si grande nuée de témoins », nous courons « les yeux fixés sur l’auteur et le consommateur de la foi, Jésus » (He 12, 1-2). Les épreuves sont la correction d’un Père : « le Seigneur châtie celui qu’Il aime » (He 12, 6). Nous ne sommes pas venus au Sinaï terrifiant, mais « de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste » (He 12, 22), auprès de Jésus et « du sang de l’aspersion, qui parle mieux que celui d’Abel » (He 12, 24).
La vie de l’Église (chapitre 13)
Le dernier chapitre rassemble les consignes de la vie chrétienne : charité fraternelle, hospitalité, souci des prisonniers, honneur du mariage, détachement de l’argent, obéissance aux guides de l’Église (He 13, 17), sacrifice de louange. Il se termine par une bénédiction du « Dieu de la paix, qui a ramené d’entre les morts Celui qui, par le sang de l’alliance éternelle, est devenu le grand Pasteur des brebis » (He 13, 20).
Le sacerdoce du Christ et le sacrifice de la messe
L’Épître aux Hébreux est le fondement scripturaire de la doctrine catholique du sacerdoce. Le Christ est prêtre parce qu’Il est à la fois Dieu et homme, appelé par le Père, et parce qu’Il offre une victime : Lui-même. Son sacrifice est unique. Il a été offert « une fois pour toutes » (He 7, 27), et il a une valeur infinie : rien ne peut lui être ajouté et il n’a pas à être recommencé.
Comment alors l’Église peut-elle offrir chaque jour le saint sacrifice ? Le concile de Trente répond dans sa doctrine sur le sacrifice de la messe (session XXII, 1562), construite en grande partie sur cette épître. Le Christ, qui allait S’offrir une seule fois sur la Croix, a voulu laisser à Son Église un sacrifice visible. À la dernière Cène, Se déclarant prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech, Il a offert à Dieu Son corps et Son sang sous les espèces du pain et du vin, et a ordonné aux Apôtres et à leurs successeurs de l’offrir.
La messe ne répète pas le Calvaire et n’y ajoute rien : elle le rend présent, en applique les fruits, et la victime est une seule et même, le Christ s’offrant alors par le ministère des prêtres, la manière d’offrir étant seule différente (una enim eademque est hostia). Bossuet a exposé cette doctrine avec une grande clarté dans son Explication de quelques difficultés sur les prières de la messe.
Melchisédech en est la figure. Il offrit « du pain et du vin, parce qu’il était prêtre du Dieu très haut » (Gn 14, 18), et le Christ est prêtre selon son ordre, non selon celui d’Aaron. Le Canon romain, au Supra quae, nomme ensemble les trois figures que l’épître met en lumière : munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchae nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus sacerdos tuus Melchisedech. Voyez notre article sur la messe tridentine, où ce Canon est expliqué.
« Nous avons un autel, dont ceux qui font le service dans le tabernacle n’ont pas le droit de manger » (He 13, 10). Les Pères et saint Thomas d’Aquin l’entendent de la Croix et du Christ Lui-même, que nous recevons dans le Sacrement ; ceux qui s’attachent encore aux sacrifices anciens n’y ont point part. La doctrine de la présence réelle qui s’y rattache est développée dans notre article sur l’Eucharistie.
Enfin, le Christ est « toujours vivant pour intercéder en notre faveur ». Son sacerdoce ne passe à aucun successeur, car Il demeure éternellement. Les prêtres de la Nouvelle Alliance ne Le remplacent pas : ils sont Ses ministres, et c’est Lui qui offre et qui absout par eux.
Les autres grands thèmes et la lecture catholique
Le sang de la nouvelle alliance. « Sans effusion de sang il n’y a pas de pardon » (He 9, 22). Le sang du Christ, qui « parle mieux que celui d’Abel », est honoré par la fête du Précieux Sang, le 1er juillet, et par la litanie du Précieux Sang. Le sang d’Abel criait vengeance ; celui du Christ demande miséricorde.
La foi. « Or la foi est la substance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (He 11, 1). La Vulgate dit sperandarum substantia rerum, argumentum non apparentium. Le concile de Trente (session VI, chapitre 8) appelle la foi le commencement du salut et cite le verset 11, 6 : « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu » (He 11, 6). La foi d’Hébreux 11 obéit, offre, souffre et attend : elle n’est pas une simple confiance, mais l’adhésion de toute la vie à la parole de Dieu.
Le jugement. « Et de même qu’il est établi que les hommes meurent une fois, et qu’ensuite vient le jugement » (He 9, 27) : ce verset est un texte classique sur le jugement particulier qui suit la mort, et il exclut toute idée de réincarnation.
Les passages difficiles des chapitres 6 et 10. Les novatiens s’en servaient pour nier que l’Église pût remettre les péchés commis après le baptême. Les Pères ont répondu que l’épître parle d’abord du baptême, qui ne se réitère pas : ceux qui sont tombés ne peuvent être « renouvelés » une seconde fois par ce sacrement. Elle vise aussi l’apostasie volontaire et obstinée de celui qui rejette le Christ connu, et qui se ferme ainsi à tout pardon tant qu’il persiste dans ce refus. Mais les péchés commis après le baptême sont remis, en vertu de l’unique oblation du Christ, par le sacrement de pénitence.
Les Anges. Le premier chapitre est l’un des grands textes sur le ministère des Anges, adorateurs du Fils et serviteurs des hommes appelés au salut, et le dernier rappelle que par l’hospitalité « quelques-uns ont reçu chez eux des Anges, sans le savoir » (He 13, 2), comme Abraham à Mambré.
Chapitres et versets célèbres
- He 1, 1-2 : Dieu, après avoir parlé par les prophètes, « dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils ».
- He 4, 12 : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, et plus pénétrante qu’une épée à deux tranchants » (He 4, 12).
- He 4, 16 : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde » (He 4, 16).
- He 7, 26 : « Car il convenait que nous eussions un tel pontife, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux » (He 7, 26).
- He 9, 27 : « Il est établi que les hommes meurent une fois, et qu’ensuite vient le jugement. »
- He 10, 25 : « N’abandonnant pas nos assemblées, comme quelques-uns ont coutume de faire » (He 10, 25), verset souvent cité pour le devoir de la messe du dimanche.
- He 11, 1 : « Or la foi est la substance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. »
- He 12, 14 : « Recherchez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle personne ne verra Dieu » (He 12, 14).
- He 12, 29 : « En effet, notre Dieu est un feu dévorant » (He 12, 29).
- He 13, 8 : « Jésus-Christ était hier, Il est aujourd’hui, et Il sera de même dans tous les siècles » (He 13, 8).
- He 13, 14 : « Car nous n’avons point ici de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir » (He 13, 14).
L’Épître aux Hébreux dans le canon et dans la liturgie
L’épître figure dans le Nouveau Testament de toutes les bibles, catholiques et protestantes, avec les mêmes treize chapitres. Saint Jérôme la place à la fin des épîtres de Paul. Les conciles africains d’Hippone (393) et de Carthage (397) comptaient Pauli apostoli epistolae tredecim, eiusdem ad Hebraeos una, treize épîtres de Paul et une du même aux Hébreux, trace de l’hésitation latine sur sa forme ; les listes de Rome et, plus tard, celles des conciles de Florence et de Trente en comptent simplement quatorze. Luther la mit à part avec quelques autres livres, mais les bibles protestantes l’ont toujours gardée.
Au Missel de 1962 :
- He 1, 1-12 est l’épître de la troisième messe de Noël, celle du jour ;
- He 9, 11-15 est lue au dimanche de la Passion et à la fête du Précieux Sang, le 1er juillet ;
- He 10, 32-38 est l’épître du commun de plusieurs martyrs, à la messe Salus autem ;
- He 11, 33-39, sur ceux « qui, par la foi, ont conquis les royaumes », se lit au propre de certains martyrs, comme saint Fabien et saint Sébastien, le 20 janvier.
Au Bréviaire, les psaumes que l’épître commente occupent une place de choix : le psaume 94 ouvre chaque jour les Matines, et le psaume 109 est le premier des Vêpres du dimanche. Retrouvez ces offices dans le Bréviaire et les fêtes dans le calendrier liturgique.
Comment lire l’Épître aux Hébreux
Lisez-la d’abord d’une traite : c’est un seul raisonnement, coupé d’exhortations. Gardez ouverts à côté d’elle les textes qu’elle explique : Genèse 14, Exode 24 et 25, Lévitique 16, Jérémie 31 et les psaumes 2, 109 et 39. Revenez ensuite aux chapitres 7 à 10, le cœur de la lettre, avec la Vulgate en regard, car les mots sacerdos, hostia, oblatio et testamentum portent la doctrine que Trente a définie. Lisez le chapitre 11 lentement, une figure après l’autre, et finissez par le chapitre 13 comme une règle de vie. Si vous assistez à la messe traditionnelle, vous reconnaîtrez dans l’offertoire et le Canon le langage même de l’épître. Tous les livres cités se trouvent dans la Bible de la liseuse.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l’Épître aux Hébreux ?
L’Église l’a reçue comme l’œuvre de saint Paul, et le concile de Trente la compte parmi ses quatorze épîtres. La Commission biblique pontificale (1914) a enseigné qu’il faut la ranger parmi ses lettres authentiques, tout en admettant que sa forme grecque définitive puisse venir d’un disciple. Clément d’Alexandrie pensait à saint Luc comme traducteur ; Origène disait que Dieu seul sait qui l’a rédigée.
À qui l’Épître aux Hébreux est-elle adressée ?
À des chrétiens d’origine juive, très probablement ceux de Jérusalem et de Palestine, qui connaissaient le Temple et ses sacrifices. Après avoir souffert pour le Christ, ils étaient tentés de se relâcher et de revenir au culte de l’ancienne Loi.
Quand l’Épître aux Hébreux a-t-elle été écrite ?
Avant la destruction du Temple en 70, puisque l’épître parle de ses sacrifices comme d’un culte encore offert. On la date généralement de 63-64 ; elle fut écrite d’Italie, peu après la libération de Timothée (13, 23).
Quel est le message principal de l’Épître aux Hébreux ?
Jésus-Christ, le Fils éternel, est la parole définitive de Dieu et l’unique grand prêtre de la nouvelle Alliance, « prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech ». Son unique sacrifice a accompli ce que la Loi ne pouvait que figurer. Il faut donc tenir ferme dans la foi et ne pas revenir aux ombres.
Qui est Melchisédech dans l’Épître aux Hébreux ?
Le roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut qui offrit le pain et le vin et bénit Abraham (Gn 14, 18-20). L’Écriture ne dit rien de sa naissance ni de sa mort, et l’épître y voit une image du sacerdoce éternel du Christ. Les Pères ont vu dans son offrande du pain et du vin la figure de l’Eucharistie.
De quoi parle Hébreux 11 ?
C’est le chapitre de la foi. Il s’ouvre par sa définition, « la substance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas », puis montre la foi à l’œuvre d’Abel et d’Abraham à Moïse, aux prophètes et aux martyrs. Il enseigne que « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ».
Combien de chapitres compte l’Épître aux Hébreux ?
Treize chapitres et trois cent trois versets, dans la Vulgate, chez Fillion et dans les bibles modernes. Par sa longueur, elle vient après l’Épître aux Romains et la première aux Corinthiens.
Vous pouvez aussi lire l’Épître aux Hébreux verset par verset, en français et en latin, dans l’application Bible catholique d’Iter Fidei.
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