La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 40 (Vulgate 39) : Exspectans exspectavi, « Voici que je viens »
Le psaume 40 des bibles modernes, psaume 39 de la Vulgate, commence par *Exspectans exspectavi Dominum* : « J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur ». Action de grâces pour une délivrance, il contient aussi le « Voici que je viens » que l'Épître aux Hébreux met sur les lèvres du Christ. Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset ; l'explication est donnée en dessous.
Vous cherchez le psaume 39 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 38.
1 In finem. Psalmus ipsi David.
1 Pour la fin, Psaume de David lui-même.
2 Exspectans exspectavi Dominum, et intendit mihi.
2 J’ai attendu, et encore attendu le Seigneur, * et Il a fait attention à moi.
3 Et exaudivit preces meas, et eduxit me de lacu miseriæ et de luto fæcis. Et statuit super petram pedes meos, et direxit gressus meos.
3 Il a exaucé mes prières, * et Il m’a tiré de l’abîme de misère et de la boue profonde. Et Il a placé mes pieds sur la pierre, * et Il a conduit mes pas.
4 Et immisit in os meum canticum novum, carmen Deo nostro. Videbunt multi, et timebunt, et sperabunt in Domino.
4 Et Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, * un hymne à notre Dieu. Beaucoup Le verront, et craindront, * et espéreront dans le Seigneur.
5 Beatus vir cujus est nomen Domini spes ejus, et non respexit in vanitates et insanias falsas.
5 Heureux l’homme qui a mis son espérance dans le Nom du Seigneur, * et qui n’a point arrêté son regard sur des vanités et des folies mensongères.
6 Multa fecisti tu, Domine Deus meus, mirabilia tua ; et cogitationibus tuis non est qui similis sit tibi. Annuntiavi et locutus sum : multiplicati sunt super numerum.
6 Vous avez fait, Seigneur mon Dieu, un grand nombre d’œuvres admirables, * et il n’y a personne qui Vous soit semblable dans Vos pensées. J’ai voulu les annoncer et en parler, * mais leur multitude est sans nombre.
7 Sacrificium et oblationem noluisti ; aures autem perfecisti mihi. Holocaustum et pro peccato non postulasti ;
7 Vous n’avez voulu ni sacrifice ni oblation, * mais Vous m’avez façonné des oreilles. Vous n’avez pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché ; *
8 tunc dixi : Ecce venio. In capite libri scriptum est de me,
8 alors j’ai dit : Voici que je viens. En tête de Son livre il est écrit de Moi
9 ut facerem voluntatem tuam. Deus meus, volui, et legem tuam in medio cordis mei.
9 que je dois faire Votre volonté. * Mon Dieu, je l’ai voulu, et Votre loi est au fond de mon cœur.
10 Annuntiavi justitiam tuam in ecclesia magna ; ecce labia mea non prohibebo : Domine, tu scisti.
10 J’ai publié Votre justice dans une grande assemblée : * je ne fermerai pas mes lèvres, Seigneur, Vous le savez.
11 Justitiam tuam non abscondi in corde meo ; veritatem tuam et salutare tuum dixi ; non abscondi misericordiam tuam et veritatem tuam a concilio multo.
11 Je n’ai pas caché Votre justice dans mon cœur ; * j’ai proclamé Votre vérité et Votre salut. Je n’ai point caché Votre miséricorde et Votre vérité * devant l’assemblée nombreuse.
12 Tu autem, Domine, ne longe facias miserationes tuas a me ; misericordia tua et veritas tua semper susceperunt me.
12 Pour Vous, Seigneur, n’éloignez pas de moi Vos miséricordes ; * Votre bonté et Votre vérité m’ont toujours soutenu.
13 Quoniam circumdederunt me mala quorum non est numerus ; comprehenderunt me iniquitates meæ, et non potui ut viderem. Multiplicatæ sunt super capillos capitis mei, et cor meum dereliquit me.
13 Car des maux sans nombre m’environnent ; * mes iniquités m’ont saisi, et je n’ai pu les voir toutes. Elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête, * et mon cœur m’a manqué.
14 Complaceat tibi, Domine, ut eruas me ; Domine, ad adjuvandum me respice.
14 Qu’il Vous plaise, Seigneur, de me délivrer ; * Seigneur, regardez vers moi pour me secourir.
15 Confundantur et revereantur simul, qui quærunt animam meam ut auferant eam ; convertantur retrorsum et revereantur, qui volunt mihi mala.
15 Qu’ils soient confondus et couverts de honte, * ceux qui cherchent ma vie pour me l’ôter. Qu’ils reculent en arrière et soient dans la confusion, * ceux qui me veulent du mal.
16 Ferant confestim confusionem suam, qui dicunt mihi : Euge, euge !
16 Qu’ils soient à l’instant couverts de honte, * ceux qui me disent : Va ! va !
17 Exsultent et lætentur super te omnes quærentes te ; et dicant semper : Magnificetur Dominus, qui diligunt salutare tuum.
17 Mais que tous ceux qui Vous cherchent tressaillent en Vous d’allégresse et de joie, * et que ceux qui aiment Votre salut disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié !
18 Ego autem mendicus sum et pauper ; Dominus sollicitus est mei. Adjutor meus et protector meus tu es ; Deus meus, ne tardaveris.
18 Pour moi, je suis pauvre et indigent ; * mais le Seigneur prend soin de moi. Vous êtes mon aide et mon protecteur. * Mon Dieu, ne tardez pas.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 40 ou psaume 39 ?
Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, appellent ce psaume le 40 ; la Vulgate et la Septante, qui unissent les psaumes 9 et 10, le comptent comme le 39. Les livrets de messe écrivent « psaume 39 (40) » : c'est donc ici que se trouvent les refrains modernes Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté et Seigneur, viens vite à mon secours, cherchés souvent sous « psaume 39 ». Les versets ont ici les mêmes numéros que dans les bibles françaises modernes. Toutes les correspondances sont sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 40 ?
Le psaume a deux visages. La première partie (versets 2 à 11) est une action de grâces pour une délivrance obtenue ; la seconde (versets 12 à 18) redevient supplication, comme si l'épreuve recommençait. Le chrétien y reconnaît sa propre vie : la grâce reçue n'exempte pas de nouveaux combats.
Une attente exaucée (v. 2-4)
« J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur, et Il a fait attention à moi » (v. 2). Le latin redouble le verbe, exspectans exspectavi : c'est une attente longue, obstinée, qui ne se décourage pas. Elle est récompensée : « Il m'a tiré de l'abîme de misère et de la boue profonde. Et Il a placé mes pieds sur la pierre, et Il a conduit mes pas » (v. 3). Les versets 2 et 3, que l'on cherche souvent ensemble, disent tout le salut : l'homme enlisé est tiré de la boue et posé sur le roc. Les Pères voient dans cette pierre le Christ lui-même.
Le fruit de la délivrance est un chant : « Et Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, un hymne à notre Dieu » (v. 4), et ce chant devient témoignage : « Beaucoup Le verront, et craindront, et espéreront dans le Seigneur ».
La confiance en Dieu seul (v. 5-6)
Suit une béatitude : « Heureux l'homme qui a mis son espérance dans le Nom du Seigneur, et qui n'a point arrêté son regard sur des vanités et des folies mensongères » (v. 5). Puis l'émerveillement devant les œuvres de Dieu, trop nombreuses pour être racontées (v. 6).
« Voici que je viens » (v. 7-9)
Le centre du psaume est ici. « Vous n'avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais Vous m'avez façonné des oreilles » (v. 7). Comme le psaume 50, Deus deorum, et le psaume 51, Miserere, ce texte ne condamne pas le culte ; il dit que Dieu veut d'abord l'obéissance du cœur. Des oreilles façonnées sont des oreilles ouvertes pour écouter et obéir. D'où la réponse : « alors j'ai dit : Voici que je viens » (v. 8), « que je dois faire Votre volonté. Mon Dieu, je l'ai voulu, et Votre loi est au fond de mon cœur » (v. 9).
L'Épître aux Hébreux applique ces versets au Fils de Dieu entrant dans le monde : « C'est pourquoi le Christ entrant dans le monde, dit : Vous n'avez pas voulu de sacrifice ni d'offrande, mais Vous M'avez formé un corps » (Hébreux 10, 5). L'Apôtre cite la version grecque des Septante, qui porte « un corps » là où l'hébreu et la Vulgate portent « des oreilles ». Les deux disent le même mystère : le Fils reçoit de son Père une humanité entièrement docile, et c'est par cette obéissance offerte, « l'oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes », que nous sommes sanctifiés. Les anciens sacrifices annonçaient celui-là. Voyez l'Incarnation et la Rédemption.
Le Christ dira de même : « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui M'a envoyé » (Jean 4, 34).
L'annonce dans la grande assemblée (v. 10-11)
« J'ai publié Votre justice dans une grande assemblée » (v. 10) : le délivré ne garde pas pour lui ce qu'il a reçu. Le psaume 22, Deus, Deus meus, s'achève sur la même louange « dans une grande assemblée », après la Passion. Le latin dit in ecclesia magna, et les Pères y ont lu l'Église.
La supplication reprend (v. 12-18)
Le ton change : « Car des maux sans nombre m'environnent ; mes iniquités m'ont saisi […]. Elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête » (v. 13). Si le psaume est la voix du Christ, comment peut-il parler de ses iniquités ? Saint Augustin répond par sa grande règle de lecture : le Christ parle tantôt en son nom, comme Tête, tantôt au nom de son Corps, les fidèles, dont il a pris sur lui les péchés.
Les derniers versets, de « Qu'il Vous plaise, Seigneur, de me délivrer » (v. 14) jusqu'à « Mon Dieu, ne tardez pas » (v. 18), se retrouvent presque mot pour mot dans le psaume 70, Deus, in adjutorium, dont le premier verset ouvre chaque heure de l'office. Le psaume s'achève dans l'humilité confiante : « Pour moi, je suis pauvre et indigent ; mais le Seigneur prend soin de moi ».
Le psaume 40 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 39 de la Vulgate forme à lui seul la psalmodie de Tierce du mardi, partagé en trois sections (versets 2-9, 10-14 et 15-18). Vous le priez ce jour-là dans le bréviaire du jour.
Il appartient aussi à l'office des morts : il ouvre le troisième nocturne des Matines des défunts, sous l'antienne Complaceat tibi, Domine, ut eripias me, tirée du verset 14. L'Église prête alors sa voix à l'âme qui attend sa délivrance. Voyez la prière pour les défunts.
Aux Ténèbres du vendredi saint, il est le deuxième psaume du deuxième nocturne des Matines, sous l'antienne Confundantur et revereantur, qui quærunt animam meam, ut auferant eam. Au missel de 1962, les versets 2 à 4 forment l'offertoire Exspectans exspectavi du quinzième dimanche après la Pentecôte.
Comment prier le psaume 40
- Après une délivrance. Les versets 2 à 6 forment une prière de remerciement pour une guérison, une réconciliation, une épreuve traversée.
- Dans une longue attente. Le verset 2 apprend la persévérance : attendre et attendre encore, sans se lasser de demander.
- Pour une offrande de soi. Les versets 8 et 9 se disent à la messe, à l'offertoire, ou au matin : « Voici que je viens […] faire Votre volonté ».
- Dans l'urgence. Les versets 14 et 18 sont un appel bref au secours.
- Pour les défunts. Avec l'antienne Complaceat, le psaume se prie pour les âmes du purgatoire.
Questions Fréquentes
Le psaume 40 est-il le psaume 39 Me voici, Seigneur ?
Oui. Les livrets de messe le numérotent 39, d'après la Vulgate ; les bibles modernes, 40. Le refrain Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté traduit les versets 8 et 9, que Fillion rend par « Voici que je viens » et « que je dois faire Votre volonté ».
Pourquoi l'appelle-t-on un psaume de délivrance ?
Parce qu'il commence par l'action de grâces d'un homme tiré de l'abîme et de la boue, que Dieu a posé sur le roc. Le psaume raconte la délivrance, puis demande à Dieu d'en accorder de nouvelles.
Que disent les versets 2 et 3 du psaume 40 ?
« J'ai attendu, et encore attendu le Seigneur, et Il a fait attention à moi. […] Il a exaucé mes prières, et Il m'a tiré de l'abîme de misère et de la boue profonde. » Ils décrivent une attente persévérante récompensée par le salut.
Qui a écrit le psaume 40 ?
Le titre l'attribue à David. L'Épître aux Hébreux lit les versets 7 à 9 comme la parole du Christ entrant dans le monde, ce qui fait de ce psaume un psaume messianique.
Le psaume 40 Louis Segond est-il le même texte ?
C'est le même psaume, sous le même numéro et avec les mêmes numéros de versets. Segond traduit l'hébreu ; Fillion, donné ici, traduit la Vulgate, ce qui explique quelques différences de mots.
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