La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 138 (Vulgate 137) : Confitebor tibi, l'action de grâces en présence des anges
Le psaume 138 des bibles modernes, psaume 137 de la Vulgate, est le *Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo* : l'action de grâces de David exaucé, qui chante Dieu « en présence des Anges ». Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication et la manière de le prier viennent en dessous.
Vous cherchez le psaume 137 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 136.
1 Ipsi David. Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, quoniam audisti verba oris mei. In conspectu angelorum psallam tibi ;
1 De David. Je Vous célébrerai, Seigneur, de tout mon cœur, * parce que Vous avez écouté les paroles de ma bouche. Je Vous chanterai des hymnes en présence des Anges ; *
2 adorabo ad templum sanctum tuum, et confitebor nomini tuo : super misericordia tua et veritate tua ; quoniam magnificasti super omne, nomen sanctum tuum.
2 j’adorerai dans Votre saint temple, et je célébrerai Votre Nom, à cause de Votre miséricorde et de Votre vérité, * car Vous avez glorifié Votre saint Nom au-dessus de tout.
3 In quacumque die invocavero te, exaudi me ; multiplicabis in anima mea virtutem.
3 En quelque jour que je Vous invoque, exaucez-moi ; * Vous augmenterez la force de mon âme.
4 Confiteantur tibi, Domine, omnes reges terræ, quia audierunt omnia verba oris tui.
4 Que tous les rois de la terre Vous célèbrent, Seigneur, * parce qu’ils ont entendu toutes les paroles de Votre bouche.
5 Et cantent in viis Domini, quoniam magna est gloria Domini ;
5 Et qu’ils chantent les voies du Seigneur, * car la gloire du Seigneur est grande.
6 quoniam excelsus Dominus, et humilia respicit, et alta a longe cognoscit.
6 Car le Seigneur est très élevé, et Il regarde les choses basses, * et de loin Il connaît les choses hautes.
7 Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me ; et super iram inimicorum meorum extendisti manum tuam, et salvum me fecit dextera tua.
7 Si je marche au milieu de la tribulation, Vous me rendrez la vie ; * Vous avez étendu Votre main contre la fureur de mes ennemis, et Votre droite m’a sauvé.
8 Dominus retribuet pro me. Domine, misericordia tua in sæculum ; opera manuum tuarum ne despicias.
8 Le Seigneur me vengera. * Seigneur, Votre miséricorde est éternelle ; ne méprisez pas les œuvres de Vos mains.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 138 ou psaume 137 ?
Le numéro 138 est celui de la Bible hébraïque, repris par les bibles modernes. La Vulgate et la liturgie latine, qui comptent les psaumes hébreux 9 et 10 comme un seul, le numérotent 137. C'est le même texte, que l'Église désigne par ses premiers mots, Confitebor tibi, Domine. Les recueils de chants liturgiques en français suivent souvent l'ancienne numérotation, ce qui explique bien des confusions ; la table complète figure sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 138 ?
C'est le chant d'un homme qui a prié dans la détresse et qui a été entendu. Le titre l'attribue simplement à David, et la Vulgate le fait commencer par le mot qui le résume, Confitebor : « Je Vous célébrerai ».
La louange de tout le cœur (v. 1-3)
« Je Vous célébrerai, Seigneur, de tout mon cœur, parce que Vous avez écouté les paroles de ma bouche » (v. 1). Saint Augustin rappelle à propos de ce verbe que la confession, dans l'Écriture, n'est pas seulement l'aveu des péchés : elle est d'abord l'aveu de la gloire de Dieu. David loue sans partage, « de tout mon cœur », et il nomme les deux attributs qui reviennent dans tout le Psautier : « à cause de Votre miséricorde et de Votre vérité » (v. 2), la bonté qui promet et la fidélité qui tient. Le fruit de la prière exaucée n'est pas seulement la délivrance : « Vous augmenterez la force de mon âme » (v. 3).
En présence des Anges
Le verset 1 contient une expression que la liturgie a rendue célèbre : « Je Vous chanterai des hymnes en présence des Anges ». L'hébreu porte un mot qui peut se rendre par « les dieux » ou « les puissances célestes » ; la Septante et la Vulgate ont compris in conspectu Angelorum, et c'est cette lecture que suit l'abbé Fillion. Elle exprime une vérité constante de la foi : la prière de l'Église sur la terre s'unit à la louange des esprits bienheureux. Saint Jean voit les anciens devant l'Agneau avec « des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints » (Ap 5, 8). Sur ces messagers de Dieu, voyez notre page consacrée aux anges et à leurs neuf chœurs.
Les rois de la terre (v. 4-6)
L'action de grâces s'élargit soudain à toutes les nations : « Que tous les rois de la terre Vous célèbrent, Seigneur » (v. 4). Les Pères y ont lu l'annonce de la conversion des peuples à l'Évangile. Le centre du psaume en donne la loi spirituelle : « Car le Seigneur est très élevé, et Il regarde les choses basses, et de loin Il connaît les choses hautes » (v. 6). Dieu se penche vers l'humble et tient l'orgueilleux à distance, ce que saint Jacques résume en une phrase : « Dieu résiste aux superbes, et Il donne Sa grâce aux humbles » (Jc 4, 6).
La confiance pour l'avenir (v. 7-8)
Les deux derniers versets, souvent cherchés pour eux-mêmes, tournent l'action de grâces vers l'avenir. « Si je marche au milieu de la tribulation, Vous me rendrez la vie » (v. 7) : celui qui a été exaucé une fois sait qu'il le sera encore. Puis la conclusion : « Seigneur, Votre miséricorde est éternelle ; ne méprisez pas les œuvres de Vos mains » (v. 8). L'âme se sait l'ouvrage de Dieu et lui demande d'achever ce qu'Il a commencé. Saint Paul exprime la même assurance quand il écrit aux Philippiens que « Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu'au jour du Christ Jésus » (Ph 1, 6).
Le psaume 138 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962 (psautier de saint Pie X), le psaume 137 de la Vulgate se chante aux vêpres du jeudi, aussitôt après le psaume 137, Super flumina Babylonis. Le voisinage est éloquent : au chant de l'exil répond la reconnaissance de celui que Dieu a relevé « au milieu de la tribulation ». Cet office se prie chaque semaine dans le bréviaire du jour, et notre page sur les vêpres en explique l'ordonnance.
Il appartient aussi à l'Office des morts, dont il clôt les vêpres. Son antienne y est tirée du verset 8 : Opera manuum tuarum, Domine, ne despicias, ne méprisez pas, Seigneur, les œuvres de vos mains. L'Église remet ainsi le défunt à son Créateur.
Comment prier le psaume 138
- Après une grâce reçue. Une guérison, une réconciliation, une épreuve traversée : ce psaume donne la forme juste de la prière de remerciement, qui rend gloire avant de redemander.
- Le soir, avec l'Église. Prié le jeudi aux vêpres, il convient à tout soir où l'on fait mémoire des bienfaits du jour.
- Dans une épreuve qui dure. Le verset 7 se garde en mémoire comme une oraison jaculatoire : Dieu rend la vie à qui marche dans la tribulation.
- Pour persévérer. Le verset 8 est une prière de persévérance finale : que Dieu n'abandonne pas l'ouvrage de ses mains.
On peut le rapprocher d'autres grandes actions de grâces : le psaume 34, Benedicam Dominum, le psaume 103, Benedic, anima mea, et le psaume 111, Confitebor tibi des vêpres du dimanche, qui s'ouvre par le même mot.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 138 ?
C'est une action de grâces de David après une prière exaucée. Il loue la miséricorde et la vérité de Dieu, annonce que les rois de la terre le célébreront, et termine par la confiance que Dieu achèvera son œuvre. Saint Augustin y entend la confession de louange, distincte de l'aveu des fautes.
Que dit le psaume 138, verset 8 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Le Seigneur me vengera. Seigneur, Votre miséricorde est éternelle ; ne méprisez pas les œuvres de Vos mains. » « Me venger » signifie ici prendre ma défense et me rendre justice. Le fidèle s'appuie sur la miséricorde éternelle de Dieu pour lui demander d'achever ce qu'Il a commencé en lui.
Que dit le psaume 138, verset 7 ?
« Si je marche au milieu de la tribulation, Vous me rendrez la vie ; Vous avez étendu Votre main contre la fureur de mes ennemis, et Votre droite m'a sauvé. » C'est la certitude de celui qui a déjà été délivré : l'épreuve n'est pas supprimée, mais Dieu y garde son serviteur vivant.
Le psaume Tu me scrutes, Seigneur est-il le psaume 138 ?
Non, mais la confusion est fréquente. « Seigneur, Vous m'avez sondé et Vous me connaissez » est le psaume suivant : le 139 des bibles modernes, 138 de la Vulgate. Les recueils qui suivent l'ancienne numérotation l'appellent donc « psaume 138 » ; vous le trouverez à la page du psaume 139, Domine, probasti me.
Qui a écrit le psaume 138 ?
Son titre porte « De David », et la tradition de l'Église le tient pour une prière du roi David, sous l'inspiration du Saint-Esprit. Le titre de la Vulgate, Ipsi David, ne précise pas la circonstance : la délivrance chantée reste ouverte à toutes celles que le fidèle a connues.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 138 ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 137 de la Vulgate est chanté chaque jeudi aux vêpres, à la suite du Super flumina Babylonis. On peut le prier le soir avec l'Église, et en toute occasion d'action de grâces.
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