La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 147, v. 1-11 (Vulgate 146) : Laudate Dominum, Il guérit les cœurs brisés
Le psaume 146 de la Vulgate, *Laudate Dominum, quoniam bonus est psalmus*, correspond aux onze premiers versets du psaume 147 des bibles modernes, dont le célèbre verset 3 : « Il guérit ceux dont le cœur est brisé, et Il bande leurs plaies ». Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient en dessous.
Vous cherchez le psaume 146 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 145.
1 Alleluja. Laudate Dominum, quoniam bonus est psalmus ; Deo nostro sit jucunda, decoraque laudatio.
1 Alleluia. Louez le Seigneur, car Il est bon de Le chanter ; * que la louange soit agréable à notre Dieu et digne de Lui.
2 Ædificans Jerusalem Dominus, dispersiones Israëlis congregabit :
2 C’est le Seigneur qui bâtit Jérusalem, * et qui doit rassembler les dispersés d’Israël.
3 qui sanat contritos corde, et alligat contritiones eorum ;
3 Il guérit ceux dont le cœur est brisé, * et Il bande leurs plaies ;
4 qui numerat multitudinem stellarum, et omnibus eis nomina vocat.
4 Il compte la multitude des étoiles, * et Il leur donne des noms à toutes.
5 Magnus Dominus noster, et magna virtus ejus, et sapientiæ ejus non est numerus.
5 Notre Seigneur est grand, et Sa puissance est grande, * et Sa sagesse n’a point de bornes.
6 Suscipiens mansuetos Dominus ; humilians autem peccatores usque ad terram.
6 Le Seigneur protège ceux qui sont doux ; * mais Il abaisse les pécheurs jusqu’à terre.
7 Præcinite Domino in confessione ; psallite Deo nostro in cithara.
7 Chantez au Seigneur une action de grâces ; * célébrez notre Dieu sur la harpe.
8 Qui operit cælum nubibus, et parat terræ pluviam ; qui producit in montibus fœnum, et herbam servituti hominum ;
8 C’est Lui qui couvre le ciel de nuages, * et qui prépare la pluie pour la terre ; qui fait croître l’herbe sur les montagnes, * et les plantes pour l’usage des hommes ;
9 qui dat jumentis escam ipsorum, et pullis corvorum invocantibus eum.
9 qui donne leur nourriture aux bêtes, * et aux petits des corbeaux qui crient vers Lui.
10 Non in fortitudine equi voluntatem habebit, nec in tibiis viri beneplacitum erit ei.
10 Ce n’est pas dans la force du cheval qu’Il Se complaît, * et Il ne met pas Son plaisir dans les jambes de l’homme.
11 Beneplacitum est Domino super timentes eum, et in eis qui sperant super misericordia ejus.
11 Le Seigneur met Son plaisir en ceux qui Le craignent, * et en ceux qui espèrent en Sa miséricorde.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 147 ou psaume 146 ?
Ici, les deux numérotations ne se décalent pas seulement d'une unité : elles découpent différemment le texte. Ce que les bibles modernes appellent psaume 147 (vingt versets) forme dans la Vulgate deux psaumes : le 146, Laudate Dominum (versets 1 à 11), présenté sur cette page, et le 147, Lauda, Jerusalem (versets 12 à 20 de l'hébreu). Le verset que l'on cherche sous « psaume 147, 3 » est donc le verset 3 de la page présente, avec le même numéro. La suite du psaume se lit à la page du psaume 147, Lauda, Jerusalem, et la table de toutes les correspondances sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 147 ?
C'est un hymne du retour d'exil : Dieu rebâtit Jérusalem et rassemble son peuple dispersé. Mais le psalmiste en tire une contemplation plus large, qui fait alterner sans cesse deux grandeurs : celle du Créateur des astres et celle du Dieu qui se penche sur les blessés.
Un chant qui plaît à Dieu (v. 1-2)
« Louez le Seigneur, car Il est bon de Le chanter ; que la louange soit agréable à notre Dieu et digne de Lui » (v. 1). La raison immédiate est historique : « C'est le Seigneur qui bâtit Jérusalem, et qui doit rassembler les dispersés d'Israël » (v. 2). Les Pères y voient l'Église que Dieu édifie de toutes les nations, et les pierres vivantes qu'il y rassemble.
Il guérit ceux dont le cœur est brisé (v. 3-4)
Le verset 3 est l'un des plus cherchés de tout le Psautier : « Il guérit ceux dont le cœur est brisé, et Il bande leurs plaies » (v. 3). En latin : Qui sanat contritos corde, et alligat contritiones eorum. L'image est celle du médecin qui panse une blessure. Le « cœur brisé », dans la langue des psaumes, n'est pas d'abord la peine de cœur au sens moderne : c'est le cœur broyé par l'épreuve et par la conscience de ses fautes, celui dont parle le Miserere : « Vous ne mépriserez pas, ô Dieu, un cœur contrit et humilié » (Ps 50, 19).
Et le verset suivant élève aussitôt le regard : « Il compte la multitude des étoiles, et Il leur donne des noms à toutes » (v. 4). La main qui tient l'immensité des cieux est la même qui bande les plaies du plus petit. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, en tire une leçon d'humilité : Dieu guérit ceux qui sont brisés, parce que l'orgueilleux, qui se croit sain, refuse le médecin ; le cœur broyé, lui, s'ouvre à la grâce.
Le Christ s'est appliqué cette œuvre. Dans la synagogue de Nazareth, il lit la prophétie d'Isaïe et dit qu'elle s'accomplit en lui : l'Esprit l'a envoyé « guérir ceux qui ont le cœur broyé » (Lc 4, 18).
La sagesse sans bornes (v. 5-6)
« Notre Seigneur est grand, et Sa puissance est grande, et Sa sagesse n'a point de bornes » (v. 5). Cette grandeur a une direction : « Le Seigneur protège ceux qui sont doux ; mais Il abaisse les pécheurs jusqu'à terre » (v. 6).
Celui qui nourrit les petits des corbeaux (v. 7-9)
Une nouvelle invitation au chant (v. 7) ouvre un tableau de la Providence : Dieu couvre le ciel de nuages, prépare la pluie, fait croître l'herbe sur les montagnes (v. 8), et donne leur nourriture « aux petits des corbeaux qui crient vers Lui » (v. 9). Notre-Seigneur reprendra l'image : « Considérez les corbeaux [...] cependant Dieu les nourrit » (Lc 12, 24).
Ce qui plaît à Dieu (v. 10-11)
La conclusion renverse les valeurs humaines : « Ce n'est pas dans la force du cheval qu'Il Se complaît, et Il ne met pas Son plaisir dans les jambes de l'homme » (v. 10). Ni la cavalerie ni la vitesse du coureur ne comptent devant lui. « Le Seigneur met Son plaisir en ceux qui Le craignent, et en ceux qui espèrent en Sa miséricorde » (v. 11).
Le psaume 147 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 146 de la Vulgate se chante aux laudes du jeudi, aux laudes ordinaires comme à celles des temps de pénitence. Sa seconde moitié, le Lauda, Jerusalem, est chantée le lendemain, aux laudes du vendredi. Vous pouvez suivre cet office dans le bréviaire du jour, et en découvrir la structure dans notre page sur les laudes, prière du matin.
Comment prier le psaume 147
- Dans une blessure intérieure. Deuil, trahison, remords, découragement : on s'arrête au verset 3 et l'on remet à Dieu la plaie précise, sans formule, comme on se confie à un médecin.
- Pour la guérison. Le verset 3 nourrit la prière de guérison pour soi ou pour un malade.
- Après une faute. Le cœur brisé trouve son remède ordinaire dans la confession, où Dieu bande les plaies de l'âme.
- Sous un ciel étoilé. Le verset 4 se prie la nuit : celui qui nomme les étoiles connaît aussi votre nom.
Les psaumes de louange qui chantent la création et la bonté de Dieu l'accompagnent naturellement : le psaume 146, Lauda, anima mea, qui le précède, et le psaume 148, Laudate Dominum de caelis.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 147, 3 ?
« Il guérit ceux dont le cœur est brisé, et Il bande leurs plaies. » Dieu se penche sur l'âme broyée par l'épreuve ou par la faute et la soigne comme un médecin panse une blessure. Le Christ s'est appliqué cette œuvre à Nazareth, et saint Augustin note que seul le cœur brisé, et non l'orgueilleux, se laisse guérir.
Pourquoi le psaume 147 est-il coupé en deux dans la Vulgate ?
La Septante, suivie par la Vulgate, a reçu ce texte comme deux psaumes distincts, chacun ouvert par l'Alleluia : le 146, Laudate Dominum, et le 147, Lauda, Jerusalem. La Bible hébraïque les réunit en un seul. Ce découpage compense le décalage d'une unité qui court depuis le psaume 9.
Le psaume 147 Glorifie le Seigneur, Jérusalem est-il sur cette page ?
Non : ce début correspond au verset 12 de l'hébreu, c'est-à-dire au psaume 147 de la Vulgate, Lauda, Jerusalem, Dominum. Il est présenté à la page suivante, avec ses versets sur la paix des frontières et la fleur du froment.
Comment prier le psaume 147 pour la guérison ?
Lisez-le lentement et arrêtez-vous au verset 3 ; nommez devant Dieu la blessure du corps ou de l'âme, et confiez-la-lui avec foi. Ce n'est pas une formule à effet, mais un acte de confiance en celui qui guérit. Pour les blessures du péché, le remède sûr demeure le sacrement de pénitence.
Qui a écrit le psaume 147 ?
L'hébreu ne porte pas de titre, et la Vulgate le seul mot Alleluia ; une partie de la tradition grecque le rattache, comme le psaume 146, à Aggée et à Zacharie. Le verset 2, qui parle de rebâtir Jérusalem et de rassembler les dispersés, le place au temps du retour d'exil.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 147 ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, les versets 1 à 11 (psaume 146 de la Vulgate) se chantent aux laudes du jeudi, et les versets 12 à 20 (psaume 147 de la Vulgate) aux laudes du vendredi.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 146 (147) · avec l'app
Accès anticipé