La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 145 (Vulgate 144) : Exaltabo te, la louange de Dieu mon Roi
Le psaume 145 des bibles modernes, psaume 144 de la Vulgate, est l'*Exaltabo te, Deus meus rex* : « Je Vous exalterai, ô Dieu mon roi ». C'est la grande louange alphabétique du Psautier, d'où viennent le Bénédicité et un verset du *Te Deum*. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient en dessous.
Vous cherchez le psaume 144 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 143.
1 Laudatio ipsi David. Exaltabo te, Deus meus rex, et benedicam nomini tuo in sæculum, et in sæculum sæculi.
1 Louange de David. Je Vous exalterai, ô Dieu mon roi, * et je bénirai Votre Nom à jamais et dans les siècles des siècles.
2 Per singulos dies benedicam tibi, et laudabo nomen tuum in sæculum, et in sæculum sæculi.
2 Chaque jour je Vous bénirai, * et je louerai Votre Nom à jamais, et dans les siècles des siècles.
3 Magnus Dominus, et laudabilis nimis, et magnitudinis ejus non est finis.
3 Le Seigneur est grand et très digne de louange, * et Sa grandeur n’a pas de bornes.
4 Generatio et generatio laudabit opera tua, et potentiam tuam pronuntiabunt.
4 Chaque génération louera Vos œuvres * et publiera Votre puissance.
5 Magnificentiam gloriæ sanctitatis tuæ loquentur, et mirabilia tua narrabunt.
5 On parlera de la magnificence glorieuse de Votre sainteté, * et on racontera Vos merveilles.
6 Et virtutem terribilium tuorum dicent, et magnitudinem tuam narrabunt.
6 On dira quelle est la puissance de Vos œuvres terribles, * et on racontera Votre grandeur.
7 Memoriam abundantiæ suavitatis tuæ eructabunt, et justitia tua exsultabunt.
7 On proclamera le souvenir de Votre immense bonté, * et on se réjouira de Votre justice.
8 Miserator et misericors Dominus : patiens, et multum misericors.
8 Le Seigneur est clément et miséricordieux, * patient et tout à fait miséricordieux.
9 Suavis Dominus universis, et miserationes ejus super omnia opera ejus.
9 Le Seigneur est bon envers tous, * et Ses miséricordes s’étendent sur toutes Ses œuvres.
10 Confiteantur tibi, Domine, omnia opera tua, et sancti tui benedicant tibi.
10 Que toutes Vos œuvres Vous célèbrent, Seigneur, * et que Vos saints Vous bénissent.
11 Gloriam regni tui dicent, et potentiam tuam loquentur :
11 Ils diront la gloire de Votre règne, * et ils parleront de Votre puissance ;
12 ut notam faciant filiis hominum potentiam tuam, et gloriam magnificentiæ regni tui.
12 afin de faire connaître aux enfants des hommes Votre puissance, * et la glorieuse magnificence de Votre règne.
13 Regnum tuum regnum omnium sæculorum ; et dominatio tua in omni generatione et generationem. Fidelis Dominus in omnibus verbis suis, et sanctus in omnibus operibus suis.
13 Votre règne est un règne de tous les siècles, * et Votre empire s’étend de génération en génération. Le Seigneur est fidèle dans toutes Ses paroles, * et saint dans toutes Ses œuvres.
14 Allevat Dominus omnes qui corruunt, et erigit omnes elisos.
14 Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, * et Il relève tous ceux qui sont brisés.
15 Oculi omnium in te sperant, Domine, et tu das escam illorum in tempore opportuno.
15 Les yeux de tous, Seigneur, attendent tournés vers Vous, * et Vous leur donnez leur nourriture en son temps.
16 Aperis tu manum tuam, et imples omne animal benedictione.
16 Vous ouvrez Votre main, * et Vous comblez de bénédictions tout ce qui a vie.
17 Justus Dominus in omnibus viis suis, et sanctus in omnibus operibus suis.
17 Le Seigneur est juste dans toutes Ses voies, * et saint dans toutes Ses œuvres.
18 Prope est Dominus omnibus invocantibus eum, omnibus invocantibus eum in veritate.
18 Le Seigneur est près de tous ceux qui L’invoquent, * de tous ceux qui L’invoquent avec sincérité.
19 Voluntatem timentium se faciet, et deprecationem eorum exaudiet, et salvos faciet eos.
19 Il fera la volonté de ceux qui Le craignent ; * Il exaucera leurs prières, et Il les sauvera.
20 Custodit Dominus omnes diligentes se, et omnes peccatores disperdet.
20 Le Seigneur garde tous ceux qui L’aiment, * et Il perdra tous les pécheurs.
21 Laudationem Domini loquetur os meum ; et benedicat omnis caro nomini sancto ejus in sæculum, et in sæculum sæculi.
21 Ma bouche publiera la louange du Seigneur. * Et que toute chair bénisse Son saint Nom à jamais, et dans les siècles des siècles.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 145 ou psaume 144 ?
Les bibles modernes suivent l'hébreu et numérotent ce psaume 145 ; la Vulgate et le Bréviaire, qui réunissent les psaumes hébreux 9 et 10, le numérotent 144. Beaucoup de recueils de chant français gardent l'ancien numéro : le « psaume 144 » chanté aux mariages, Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi ou Le Seigneur est tendresse et pitié, est ce psaume-ci. Le psaume qui le précède, Béni soit le Seigneur, mon rocher, est un autre chant. La correspondance complète figure sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 145 ?
Le titre porte « Louange de David » (v. 1) : c'est le seul psaume que l'hébreu intitule ainsi, tehillah, mot dont le pluriel a donné au Psautier son nom hébreu. Dans l'original, c'est un acrostiche : chaque verset commence par une lettre successive de l'alphabet, comme pour louer Dieu de la première à la dernière lettre. David ne demande rien : il bénit.
Chaque jour je Vous bénirai (v. 1-7)
« Je Vous exalterai, ô Dieu mon roi, et je bénirai Votre Nom à jamais et dans les siècles des siècles » (v. 1). Le roi d'Israël appelle Dieu « mon roi » : il se reconnaît le vassal d'un autre. Le verset suivant donne le rythme de la louange : « Chaque jour je Vous bénirai » (v. 2). L'Église l'a repris dans le Te Deum : Per singulos dies benedicimus te. Vient ensuite l'aveu d'une grandeur sans mesure : « Le Seigneur est grand et très digne de louange, et Sa grandeur n'a pas de bornes » (v. 3). Puisque nul ne peut l'épuiser, la louange passe de génération en génération (v. 4).
Clément et miséricordieux (v. 8-9)
Le centre du psaume cite presque la révélation faite à Moïse au Sinaï, quand Dieu se nomma « plein de compassion et de clémence, patient, riche en miséricorde » (Ex 34, 6). Le psalmiste dit : « Le Seigneur est clément et miséricordieux, patient et tout à fait miséricordieux » (v. 8), et il élargit cette bonté à toute la création : « Le Seigneur est bon envers tous, et Ses miséricordes s'étendent sur toutes Ses œuvres » (v. 9). C'est l'un des grands textes de l'Ancien Testament sur la miséricorde divine.
Un règne de tous les siècles (v. 10-13)
Les saints disent « la gloire de Votre règne » (v. 11), et le verset 13 la proclame : « Votre règne est un règne de tous les siècles, et Votre empire s'étend de génération en génération » (v. 13). Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend ce règne de celui du Christ, qui n'aura pas de fin.
Une remarque de texte intéresse ce même verset. Dans l'hébreu massorétique, la ligne de la lettre noun manque à l'acrostiche. La Septante et la Vulgate la conservent, et Fillion la traduit : « Le Seigneur est fidèle dans toutes Ses paroles, et saint dans toutes Ses œuvres ». Un manuscrit hébreu des psaumes retrouvé à Qumrân porte aussi cette ligne, ce qui confirme ici la valeur du texte reçu par l'Église.
La main ouverte de Dieu (v. 14-21)
« Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, et Il relève tous ceux qui sont brisés » (v. 14). Puis les deux versets que toute la chrétienté latine a dits à table : « Les yeux de tous, Seigneur, attendent tournés vers Vous, et Vous leur donnez leur nourriture en son temps » (v. 15) ; « Vous ouvrez Votre main, et Vous comblez de bénédictions tout ce qui a vie » (v. 16). Notre-Seigneur reprendra cette pensée en montrant les oiseaux du ciel : « votre Père céleste les nourrit » (Mt 6, 26).
Le verset 18 est l'un des plus aimés : « Le Seigneur est près de tous ceux qui L'invoquent, de tous ceux qui L'invoquent avec sincérité » (v. 18). Le latin dit in veritate : non la répétition des mots, mais la vérité du cœur. Le dernier verset étend la louange à « toute chair » (v. 21).
Le psaume 145 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 144 de la Vulgate se chante aux vêpres du samedi, après le psaume 144, Benedictus Dominus. Au seuil du dimanche, l'Église chante le règne éternel de Dieu ; l'office se prie dans le bréviaire du jour.
Les versets 15 et 16, Oculi omnium in te sperant, Domine, forment le cœur de la bénédiction de la table que donne le Bréviaire romain, le Bénédicité. Et le verset 2 se chante dans l'hymne d'action de grâces de l'Église, le Te Deum.
Comment prier le psaume 145
- Avant les repas. Les versets 15 et 16, en latin ou en français, avant de bénir la nourriture.
- Chaque jour. Le verset 2 est un engagement simple : une louange quotidienne, même brève, quel que soit l'état de l'âme.
- Dans la chute. Le verset 14 se prie après une faute ou un échec : Dieu relève ceux qui tombent.
- Quand Dieu paraît loin. Le verset 18 rappelle qu'il est proche de qui l'appelle en vérité.
Ce psaume appartient à la famille des grandes louanges : le psaume 103, Benedic, anima mea, le psaume 146, Lauda, anima mea, et le psaume 150, alléluia final du Psautier.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 145, verset 18 ?
« Le Seigneur est près de tous ceux qui L'invoquent, de tous ceux qui L'invoquent avec sincérité. » Le latin in veritate signifie « en vérité » : Dieu est proche de la prière qui vient du cœur. C'est un verset de confiance pour les heures où Dieu semble absent.
Le psaume 145 Heureux les pauvres de cœur est-il celui-ci ?
Non. Ce refrain, employé dans les recueils liturgiques modernes, accompagne le psaume 146 hébreu, Lauda, anima mea, que ces recueils appellent « psaume 145 » ; il en va de même du refrain Viens, Seigneur, et sauve-nous. Vous trouverez ce texte à la page du psaume 146, indiquée plus haut.
Le psaume 144 du mariage est-il ce psaume ?
Oui, dans la plupart des cas. Les livrets de mariage qui suivent l'ancienne numérotation appellent « psaume 144 » le Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi, avec des refrains comme Le Seigneur est tendresse et pitié (verset 8) ou La bonté du Seigneur est pour tous (verset 9). C'est le psaume présenté sur cette page.
Qui a écrit le psaume 145 ?
Le titre l'attribue à David : « Louange de David ». La tradition de l'Église le tient pour l'œuvre du roi, sous l'inspiration du Saint-Esprit. C'est le dernier psaume du Psautier qui porte son nom.
Pourquoi dit-on que le psaume 145 est alphabétique ?
Dans l'hébreu, chacun de ses versets commence par une lettre de l'alphabet, dans l'ordre. Cette forme exprime une louange complète, de A à Z. La traduction ne peut pas la rendre, mais elle explique la manière dont le psaume avance, verset par verset.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 145 ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 144 de la Vulgate se chante aux vêpres du samedi. Ses versets 15 et 16 servent en outre de bénédiction de la table.
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