La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 150 : Laudate Dominum in sanctis ejus, l'alléluia final du Psautier
Laudate Dominum in sanctis ejus
Le psaume 150, *Laudate Dominum in sanctis ejus*, est le dernier du Psautier : six versets où revient sans cesse « Louez-Le », jusqu'à « Que tout ce qui respire loue le Seigneur ». Son numéro est le même dans la Vulgate et dans les bibles modernes. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin suivent, verset par verset ; l'explication et sa place aux laudes viennent en dessous.
1 Alleluja. Laudate Dominum in sanctis ejus ; laudate eum in firmamento virtutis ejus.
1 Alleluia. Louez le Seigneur dans Son sanctuaire ; * louez-Le dans le firmament de Sa puissance.
2 Laudate eum in virtutibus ejus ; laudate eum secundum multitudinem magnitudinis ejus.
2 Louez-Le pour Ses actes éclatants ; * louez-Le selon l’immensité de Sa grandeur.
3 Laudate eum in sono tubæ ; laudate eum in psalterio et cithara.
3 Louez-Le au son de la trompette ; * louez-Le sur le luth et la harpe.
4 Laudate eum in tympano et choro ; laudate eum in chordis et organo.
4 Louez-Le avec le tambourin et en chœur ; * louez-Le avec les instruments à cordes et avec l’orgue.
5 Laudate eum in cymbalis benesonantibus ; laudate eum in cymbalis jubilationis.
5 Louez-Le avec des cymbales retentissantes ; louez-Le avec des cymbales d’allégresse. *
6 Omnis spiritus laudet Dominum ! Alleluja.
6 Que tout ce qui respire loue le Seigneur. Alleluia.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Que signifie le psaume 150 ?
Après cent quarante-neuf psaumes où l'homme a supplié, pleuré, combattu, espéré et rendu grâces, le dernier ne demande plus rien. Il ne raconte rien non plus. Il ne fait que louer, et il appelle à louer. Dix fois, dans les cinq premiers versets de Fillion, revient l'impératif « louez », et le psaume s'ouvre et se ferme sur l'Alleluia, qui veut dire en hébreu « louez Dieu ». Il est la doxologie de tout le livre : chacun des cinq livres du Psautier hébreu s'achève par une bénédiction, et le psaume 150 clôt l'ensemble.
Où louer Dieu (v. 1)
« Louez le Seigneur dans Son sanctuaire ; louez-Le dans le firmament de Sa puissance » (v. 1). Le latin dit in sanctis ejus, ce qui peut s'entendre « dans son lieu saint » ou « dans ses saints ». Les deux sens se rejoignent : Dieu est loué dans le Temple de la terre et dans le ciel, et il est loué dans ceux qu'il a sanctifiés. Le « firmament de Sa puissance » est la voûte du ciel, l'œuvre la plus vaste qui soit sous les yeux de l'homme.
Pourquoi louer Dieu (v. 2)
« Louez-Le pour Ses actes éclatants ; louez-Le selon l'immensité de Sa grandeur » (v. 2). La louange a deux motifs : ce que Dieu fait, ses œuvres de création et de salut ; et ce que Dieu est, sa grandeur sans mesure. Le second motif dépasse le premier : on loue Dieu non seulement pour ses bienfaits, mais parce qu'il est Dieu. L'Église dit la même chose dans le Gloria de la messe : Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Comment louer Dieu (v. 3-5)
Suit l'orchestre du Temple : la trompette, le luth et la harpe (v. 3), le tambourin et le chœur, les cordes et « l'orgue » (v. 4), et deux sortes de cymbales (v. 5). Le latin organum désignait un instrument en général, ou un instrument à vent, plutôt que l'orgue moderne. On a souvent remarqué que tous y sont appelés : la trompette que sonnaient les prêtres, les harpes des lévites, le tambourin et la danse du peuple. Le livre des Paralipomènes décrit ainsi la dédicace du Temple de Salomon, quand « la maison de Dieu fut remplie d'une nuée » au son des trompettes et des cymbales (II Paralipomènes 5, 2 Chroniques dans les bibles modernes).
Qui doit louer Dieu (v. 6)
Le dernier verset élargit tout : « Que tout ce qui respire loue le Seigneur. Alleluia » (v. 6). En latin, Omnis spiritus laudet Dominum : tout souffle, tout être vivant. Le Psautier, qui s'était ouvert au psaume 1 sur l'homme juste qui médite la loi, se ferme sur la louange de toute la création.
La lecture des Pères
Saint Augustin achève sur ce psaume ses Enarrationes in Psalmos, le plus long commentaire qu'il ait écrit. Il voit dans le psaume 150 le terme de toute la vie chrétienne : quand les combats seront finis, il ne restera que la louange, et cette louange ne finira pas. L'Alleluia que nous chantons maintenant est l'apprentissage de celui du ciel, que saint Jean entend dans l'Apocalypse : « Alleluia, parce que le Seigneur notre Dieu, le Tout-puissant, est entré dans Son règne » (Ap 19, 6).
Les instruments ont reçu des Pères une lecture spirituelle. Saint Augustin y voit les saints eux-mêmes et la diversité de leurs vertus : chacun rend un son propre, comme la trompette et la harpe, mais tous s'accordent dans une seule louange, comme les cymbales qui ne sonnent que l'une contre l'autre. Le vrai instrument de Dieu est l'homme tout entier, corps et âme, accordé par la charité. Saint Paul ne dit pas autre chose quand il demande aux chrétiens de s'exhorter « par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs » (Col 3, 16).
Le psaume 150 dans la liturgie
Le psaume 150 est le dernier des trois psaumes de louange qui ont donné leur nom aux laudes. Avant la réforme de saint Pie X, il terminait chaque jour cet office du matin avec les psaumes 148 et 149. Dans le Bréviaire romain de 1962, il se chante aux laudes du samedi, dans les laudes ordinaires comme dans celles des temps de pénitence. L'office de la semaine s'achève ainsi, au matin du samedi, par le dernier mot du Psautier. Vous pouvez prier cet office dans le bréviaire du jour ; notre page sur les laudes présente cette heure.
Comment prier le psaume 150
- Le matin. On ouvre la journée par la louange avant toute demande.
- Après une grâce reçue. Quand la reconnaissance déborde, ces six versets suffisent.
- Aux grandes fêtes. À Pâques et aux solennités, quand l'Alleluia retentit.
- En concluant sa prière. Comme l'Église termine chaque psaume par le Gloria Patri, on peut terminer un temps d'oraison par le verset 6.
On le priera avec ses deux voisins, le psaume 148, Laudate Dominum de caelis, et le psaume 149, Cantate Domino, ainsi qu'avec le psaume 117, Laudate Dominum, omnes gentes, le plus court du Psautier, et le psaume 145, Exaltabo te.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 150 ?
C'est la louange pure qui conclut le Psautier : il dit où louer Dieu, pourquoi, avec quoi, et qui doit le louer. Saint Augustin y voit le terme de la vie chrétienne, quand il ne restera plus que la louange éternelle. Il ne contient aucune demande.
Que veut dire « Que tout ce qui respire loue le Seigneur » ?
C'est le verset 6, en latin Omnis spiritus laudet Dominum. Tout être vivant, et d'abord l'homme qui a reçu de Dieu le souffle de vie, est appelé à rendre gloire à son Créateur. La tradition y lit la fin pour laquelle l'homme a été créé et l'annonce de la louange du ciel.
Pourquoi le psaume 150 énumère-t-il des instruments ?
Au sens littéral, il convoque toute la musique du Temple. Au sens spirituel, saint Augustin y voit les saints et leurs vertus, qui rendent chacun un son propre dans une seule harmonie. Le véritable instrument de la louange est l'homme accordé à Dieu par la charité.
Le psaume 150 a-t-il le même numéro dans toutes les Bibles ?
Oui. Les numérotations de l'hébreu et de la Vulgate, décalées depuis le psaume 10 hébreu, se rejoignent à partir du psaume 148. Le psaume 150 de la Louis Segond est donc le même que celui de Fillion, dans une autre traduction.
Qui a écrit le psaume 150 ?
Le psaume ne porte que le titre Alleluia. La tradition de l'Église le rattache au Psautier de David, auquel il sert de conclusion, sous l'inspiration du Saint-Esprit. Plusieurs compositeurs l'ont mis en musique, dont César Franck et Anton Bruckner.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 150 ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, il se chante aux laudes du samedi. Il appartient aux trois psaumes de louange d'où l'office du matin tire son nom.
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