La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 21 (Vulgate 20) : Domine, in virtute tua, le triomphe du roi
Le psaume 21 des bibles modernes, psaume 20 de la Vulgate, est le *Domine, in virtute tua* : « Seigneur, le roi se réjouira dans Votre force », l'action de grâces pour la victoire du roi, que la tradition lit du Christ ressuscité. Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 20 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 19.
1 In finem. Psalmus David.
1 Pour la fin, psaume de David.
2 Domine, in virtute tua lætabitur rex, et super salutare tuum exsultabit vehementer.
2 Seigneur, le roi se réjouira dans Votre force, * et il tressaillira d’une vive allégresse, parce que Vous l’aurez sauvé.
3 Desiderium cordis ejus tribuisti ei, et voluntate labiorum ejus non fraudasti eum.
3 Vous lui avez accordé le désir de son cœur, * et Vous ne l’avez point frustré de la demande de ses lèvres.
4 Quoniam prævenisti eum in benedictionibus dulcedinis ; posuisti in capite ejus coronam de lapide pretioso.
4 Car Vous l’avez prévenu des plus douces bénédictions ; * Vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
5 Vitam petiit a te, et tribuisti ei longitudinem dierum, in sæculum, et in sæculum sæculi.
5 Il vous a demandé la vie, * et Vous lui avez accordé des jours qui dureront dans les siècles des siècles.
6 Magna est gloria ejus in salutari tuo ; gloriam et magnum decorem impones super eum.
6 Sa gloire est grande, grâce à Votre salut ; * Vous le couvrirez de gloire et d’un honneur immense.
7 Quoniam dabis eum in benedictionem in sæculum sæculi ; lætificabis eum in gaudio cum vultu tuo.
7 Car Vous ferez de lui une source de bénédictions perpétuelles ; * Vous le comblerez de joie en lui montrant Votre visage.
8 Quoniam rex sperat in Domino, et in misericordia Altissimi non commovebitur.
8 Car le roi espère au Seigneur, * et la miséricorde du Très-Haut le rendra inébranlable.
9 Inveniatur manus tua omnibus inimicis tuis ; dextera tua inveniat omnes qui te oderunt.
9 Que votre main atteigne tous Vos ennemis ; * que votre droite trouve tous ceux qui vous haïssent.
10 Pones eos ut clibanum ignis in tempore vultus tui : Dominus in ira sua conturbabit eos, et devorabit eos ignis.
10 Vous en ferez comme une fournaise ardente, au temps où vous montrerez votre visage irrité ; * le Seigneur dans Sa colère les remplira de trouble, et le feu les dévorera.
11 Fructum eorum de terra perdes, et semen eorum a filiis hominum,
11 Vous exterminerez leur fruit de dessus la terre, * et leur race d’entre les enfants des hommes.
12 quoniam declinaverunt in te mala ; cogitaverunt consilia quæ non potuerunt stabilire.
12 Car ils ont fait tomber des maux sur vous ; * ils ont formé des desseins qu’ils n’ont pu exécuter.
13 Quoniam pones eos dorsum ; in reliquiis tuis præparabis vultum eorum.
13 Car vous leur ferez tourner le dos ; * vous préparerez leur visage à recevoir les traits qui vous restent.
14 Exaltare, Domine, in virtute tua ; cantabimus et psallemus virtutes tuas.
14 Levez-Vous, Seigneur, dans Votre force ; * nous chanterons et nous célébrerons Vos actions d’éclat.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 21 ou psaume 20 ?
Le même psaume porte deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 21 ; la Vulgate et la Septante, dont la liturgie de l'Église garde la numérotation, le comptent comme psaume 20, parce qu'elles réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le décalage trompe souvent : dans un missel ou un bréviaire, le « psaume 21 » est le psaume de la Passion, Mon Dieu, pourquoi m'avez-Vous abandonné, que les bibles modernes numérotent 22. Si c'est lui que vous cherchez, il se trouve à la page du psaume 22, Deus, Deus meus. Le tableau des deux numérotations est sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 21 ?
Le titre est « Pour la fin, psaume de David » (v. 1). Le psaume répond trait pour trait au précédent. Dans le psaume 20, Exaudiat te Dominus, le peuple priait pour son roi avant la bataille : « Qu'Il vous donne ce que votre cœur désire ». Ici, la bataille est gagnée et la prière exaucée : « Vous lui avez accordé le désir de son cœur, et Vous ne l'avez point frustré de la demande de ses lèvres » (v. 3). La demande et l'action de grâces forment un diptyque.
La joie du roi (v. 2-7). Le psaume s'ouvre sur l'allégresse : « Seigneur, le roi se réjouira dans Votre force, et il tressaillira d'une vive allégresse, parce que Vous l'aurez sauvé » (v. 2). Le roi ne se réjouit pas de sa force, mais de celle de Dieu. Les dons s'accumulent : Dieu l'a prévenu « des plus douces bénédictions », et il a mis « sur sa tête une couronne de pierres précieuses » (v. 4).
Puis vient le verset qui fait éclater le cadre d'une simple victoire militaire : « Il vous a demandé la vie, et Vous lui avez accordé des jours qui dureront dans les siècles des siècles » (v. 5). Aucun roi de la terre ne reçoit des jours sans fin. Le sommet est au verset 7 : « Vous le comblerez de joie en lui montrant Votre visage » (v. 7). La plus haute récompense du roi n'est ni la couronne ni la victoire, mais la face de Dieu.
Le secret de sa force (v. 8). Le centre du psaume tient en une phrase : « Car le roi espère au Seigneur, et la miséricorde du Très-Haut le rendra inébranlable » (v. 8).
Le jugement des ennemis (v. 9-13). La seconde partie s'adresse au roi vainqueur : « Que votre main atteigne tous Vos ennemis » (v. 9). Les images sont terribles, la fournaise ardente, le feu qui dévore (v. 10). Elles disent le jugement de Dieu sur ceux qui ont formé contre lui « des desseins qu'ils n'ont pu exécuter » (v. 12). La tradition y entend le jugement du dernier jour, quand le Christ apparaîtra en gloire à ceux qui l'ont rejeté.
L'acclamation finale (v. 14). Le peuple conclut : « Levez-Vous, Seigneur, dans Votre force ; nous chanterons et nous célébrerons Vos actions d'éclat » (v. 14). Le premier et le dernier verset parlent de la même force, virtus : celle de Dieu, qui fait la joie du roi et le chant du peuple.
Le Roi est le Christ ressuscité
La lecture des Pères est unanime sur ce psaume : le roi est le Christ. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, l'entend de Notre-Seigneur d'un bout à l'autre. La vie demandée et accordée « dans les siècles des siècles », c'est la Résurrection. Le Christ a prié le Père dans sa Passion, et le Père l'a exaucé en lui rendant une vie qui ne finira plus : « le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus, que la mort n'aura plus d'empire sur Lui » (Romains 6, 9).
La couronne posée sur sa tête est la gloire qu'il a reçue par ses souffrances. L'épître aux Hébreux le dit en propres termes : Jésus, abaissé pour un peu de temps, est maintenant « couronné de gloire et d'honneur » à cause de sa mort (Hébreux 2, 9). Et la joie de voir la face de Dieu, au verset 7, est celle du Fils qui retourne auprès du Père dans son humanité glorifiée.
Le voisinage du psaume suivant prend alors tout son sens. Après le roi couronné vient le psaume 22, le psaume de la Passion : la couronne de pierres précieuses ne se comprend que par la couronne d'épines. Le psaume 21 appartient à la famille des psaumes royaux et messianiques, avec le psaume 2, Quare fremuerunt gentes, où Dieu dit à son Christ : « Tu es Mon Fils ; Je T'ai engendré aujourd'hui », et le psaume 110, Dixit Dominus, où le Seigneur fait asseoir le Messie à sa droite. Toute la fête du Christ-Roi se nourrit de ces psaumes.
Le psaume 21 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 20 est récité aux Matines du lundi, l'office de nuit. Il y voisine avec les psaumes de la détresse et de la délivrance de David, les psaumes 16 et 17 de la Vulgate, et avec la prière pour le roi, le psaume 19 : supplication et action de grâces se répondent dans la même veille. Vous pouvez le prier dans le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 21
En action de grâces. Après une grâce reçue, une demande exaucée, une épreuve traversée, le psaume met sur les lèvres la reconnaissance : « Vous lui avez accordé le désir de son cœur ». Il accompagne bien la prière de remerciement de la tradition.
Au temps pascal. Puisque son cœur est la vie donnée pour les siècles des siècles, il se prie devant le Christ ressuscité, à Pâques et durant les cinquante jours qui suivent.
Pour honorer la royauté du Christ. À la fête du Christ-Roi, ou chaque fois que l'on veut reconnaître sa royauté sur soi, sur sa famille et sur son pays, le psaume est une acclamation toute faite.
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 21 est-il aussi appelé psaume 20 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 21 des bibles modernes est donc le psaume 20 de la Vulgate, le Domine, in virtute tua. Inversement, le « psaume 21 » des livres liturgiques est le psaume de la Passion, numéroté 22 dans les bibles modernes.
Le psaume 21 est-il Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Oui dans la numérotation de la Vulgate et des livres liturgiques, non dans celle des bibles modernes. Le psaume qui commence par le cri du Christ en croix est le psaume 21 de la Vulgate et le psaume 22 de l'hébreu. Le psaume 21 de l'hébreu, présenté ici, est le chant de victoire du roi.
De quoi parle le psaume 21 ?
C'est l'action de grâces du peuple pour la victoire de son roi : Dieu lui a donné ce qu'il demandait, une couronne, des jours sans fin et la joie de sa présence. La tradition y lit le Christ ressuscité et couronné de gloire. La seconde partie annonce le jugement de ses ennemis.
Qui a écrit le psaume 21 ?
Le titre l'attribue à David : « Pour la fin, psaume de David. » La tradition le reçoit comme l'œuvre du roi-prophète, inspirée par le Saint-Esprit. Les Pères y entendent, au-delà de David, la royauté éternelle du Christ.
Le psaume 21 parle-t-il de Jésus ?
Oui, selon la lecture constante des Pères. Saint Augustin l'entend tout entier du Christ : la vie demandée et accordée pour les siècles des siècles est la Résurrection, et la couronne est la gloire reçue par la Passion. L'épître aux Hébreux montre Jésus « couronné de gloire et d'honneur » à cause de ses souffrances.
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