La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 25 (Vulgate 24) : Ad te, Domine, levavi, vers Vous j'ai élevé mon âme
Ad te, Domine, levavi
Le psaume 25 des bibles modernes, psaume 24 de la Vulgate, est l'*Ad te, Domine, levavi* : « Vers Vous, Seigneur, j'ai élevé mon âme », la prière du pécheur qui espère et demande à connaître les voies de Dieu. Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication, sa place dans la liturgie de l'Avent et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 24 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 23.
1 In finem. Psalmus David. Ad te, Domine, levavi animam meam :
1 Pour la fin, psaume de David. Vers Vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme ; *
2 Deus meus, in te confido ; non erubescam.
2 mon Dieu, je mets ma confiance en Vous ; que je n’aie pas à rougir.
3 Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui sustinent te, non confundentur.
3 Et que mes ennemis ne se moquent point de moi ; * car tous ceux qui espèrent en Vous ne seront pas confondus.
4 Confundantur omnes iniqua agentes supervacue. Vias tuas, Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me.
4 Qu’ils soient confondus, * tous ceux qui commettent l’iniquité sans raison. Seigneur, montrez-moi Vos voies, * et enseignez-moi Vos sentiers.
5 Dirige me in veritate tua, et doce me, quia tu es Deus salvator meus, et te sustinui tota die.
5 Conduisez-moi dans Votre vérité, et instruisez-moi, * car Vous êtes le Dieu mon Sauveur, et j’ai espéré en Vous tout le jour.
6 Reminiscere miserationum tuarum, Domine, et misericordiarum tuarum quæ a sæculo sunt.
6 Souvenez-Vous de Vos bontés, Seigneur, * et de Vos miséricordes qui datent des siècles passés.
7 Delicta juventutis meæ, et ignorantias meas, ne memineris. Secundum misericordiam tuam memento mei tu, propter bonitatem tuam, Domine.
7 Ne Vous souvenez pas des fautes de ma jeunesse, * ni de mes ignorances. Souvenez-Vous de moi selon Votre miséricorde, * à cause de Votre bonté, Seigneur.
8 Dulcis et rectus Dominus ; propter hoc legem dabit delinquentibus in via.
8 Le Seigneur est doux et droit ; * c’est pour cela qu’Il montrera aux pécheurs leur voie.
9 Diriget mansuetos in judicio ; docebit mites vias suas.
9 Il conduira dans la justice ceux qui sont dociles ; * Il enseignera Ses voies à ceux qui sont doux.
10 Universæ viæ Domini, misericordia et veritas, requirentibus testamentum ejus et testimonia ejus.
10 Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité, * pour ceux qui recherchent Son testament et Ses préceptes.
11 Propter nomen tuum, Domine, propitiaberis peccato meo ; multum est enim.
11 A cause de Votre Nom, Seigneur, Vous me pardonnerez mon péché ; * car il est grand.
12 Quis est homo qui timet Dominum ? legem statuit ei in via quam elegit.
12 Quel est l’homme qui craint le Seigneur ? * Il lui fixe une loi dans la voie qu’il a choisie.
13 Anima ejus in bonis demorabitur, et semen ejus hæreditabit terram.
13 Son âme se reposera parmi les biens, * et sa race aura la terre en héritage.
14 Firmamentum est Dominus timentibus eum ; et testamentum ipsius ut manifestetur illis.
14 Le Seigneur est le ferme appui de ceux qui Le craignent, * et Il leur manifestera Son alliance.
15 Oculi mei semper ad Dominum, quoniam ipse evellet de laqueo pedes meos.
15 Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; * car c’est Lui qui retirera mes pieds du filet.
16 Respice in me, et miserere mei, quia unicus et pauper sum ego.
16 Regardez-moi, et ayez pitié de moi ; * car je suis délaissé et pauvre.
17 Tribulationes cordis mei multiplicatæ sunt : de necessitatibus meis erue me.
17 Les tribulations de mon cœur se sont multipliées ; * tirez-moi de mes angoisses.
18 Vide humilitatem meam et laborem meum, et dimitte universa delicta mea.
18 Voyez mon humiliation et ma peine, * et remettez-moi tous mes péchés.
19 Respice inimicos meos, quoniam multiplicati sunt, et odio iniquo oderunt me.
19 Voyez combien mes ennemis se sont multipliés, * et de quelle haine injuste ils me haïssent.
20 Custodi animam meam, et erue me : non erubescam, quoniam speravi in te.
20 Gardez mon âme, et délivrez-moi ; * que je n’ai pas à rougir pour avoir espéré en Vous.
21 Innocentes et recti adhæserunt mihi, quia sustinui te.
21 Les hommes innocents et droits se sont attachés à moi, * parce que j’ai eu confiance en Vous.
22 Libera, Deus, Israël ex omnibus tribulationibus suis.
22 O Dieu, délivrez Israël * de toutes ses tribulations.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 25 ou psaume 24 ?
C'est un seul psaume sous deux numéros. Les bibles modernes suivent l'hébreu et l'appellent psaume 25 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 24, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Dans un missel, le « psaume 24 » est donc l'Ad te levavi présenté ici, tandis que le psaume 24 des bibles modernes est le psaume du Roi de gloire, Domini est terra. Le tableau des deux numérotations se trouve sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 25 ?
Le titre porte « Pour la fin, psaume de David ». Dans l'hébreu, ce psaume est un acrostiche : chaque verset commence par une lettre nouvelle, dans l'ordre de l'alphabet. La forme dit quelque chose du fond : l'âme se remet à Dieu de la première à la dernière lettre, sans rien retenir.
Élever son âme (v. 1-3). Le premier geste est un mouvement vers le haut : « Vers Vous, Seigneur, j'ai élevé mon âme » (v. 1) ; « mon Dieu, je mets ma confiance en Vous ; que je n'aie pas à rougir » (v. 2). Élever son âme, c'est la soulever des choses qui passent pour la porter vers celui qui ne passe pas. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, y voit l'acte même de la prière : l'âme qui s'élève vers Dieu cesse de s'appuyer sur la terre. La raison de la confiance est donnée aussitôt : « tous ceux qui espèrent en Vous ne seront pas confondus » (v. 3). Saint Paul le dira à son tour : « l'espérance ne trompe point » (Romains 5, 5).
Montrez-moi Vos voies (v. 4-5). Ce sont les versets les plus cherchés : « Seigneur, montrez-moi Vos voies, et enseignez-moi Vos sentiers » (v. 4) ; « Conduisez-moi dans Votre vérité, et instruisez-moi, car Vous êtes le Dieu mon Sauveur, et j'ai espéré en Vous tout le jour » (v. 5). Le chrétien sait que cette voie a un visage, celui du Christ, qui dit : « Je suis la voie, la vérité et la vie » (Jean 14, 6).
Les fautes de la jeunesse (v. 6-11). La demande de lumière devient demande de pardon : « Ne Vous souvenez pas des fautes de ma jeunesse, ni de mes ignorances. Souvenez-Vous de moi selon Votre miséricorde » (v. 7). Puis il affirme la nature de Dieu : « Le Seigneur est doux et droit ; c'est pour cela qu'Il montrera aux pécheurs leur voie » (v. 8). Le verset 11 est l'un des plus audacieux du Psautier : « A cause de Votre Nom, Seigneur, Vous me pardonnerez mon péché ; car il est grand » (v. 11). La grandeur de la faute n'éloigne pas de Dieu ; elle devient le motif même que le pécheur présente à sa miséricorde.
L'homme qui craint le Seigneur (v. 12-14). Une méditation tranquille s'insère au milieu des prières : Dieu enseigne celui qui le craint, « son âme se reposera parmi les biens » (v. 13), et le Seigneur lui manifestera son alliance (v. 14).
Le pauvre délaissé (v. 15-22). La fin du psaume revient à la détresse : « Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; car c'est Lui qui retirera mes pieds du filet » (v. 15). « Regardez-moi, et ayez pitié de moi ; car je suis délaissé et pauvre » (v. 16). Le dernier verset élargit la prière à tout le peuple : « O Dieu, délivrez Israël de toutes ses tribulations » (v. 22).
Un pécheur qui espère
Ce qui fait la note propre de ce psaume, c'est l'union de la confiance et de la componction. Le psalmiste ne se dit pas juste ; il parle de ses fautes, de ses ignorances, de son péché qui « est grand ». Et pourtant il ne cesse d'espérer. La tradition y a vu le modèle de la prière humble : celle du publicain qui, sans oser lever les yeux, dit seulement « ayez pitié de moi, qui suis un pécheur ». Ce psaume n'est pas compté parmi les sept psaumes de la pénitence, mais il en a l'esprit, tout près du psaume 51, Miserere. Il prépare bien le cœur à la confession et à l'acte de contrition.
Le psaume 25 dans la liturgie
L'Avent. Le psaume ouvre l'année liturgique tout entière. L'Introït du premier dimanche de l'Avent en est tiré : Ad te levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam. L'Église commence son attente du Sauveur par ce cri de désir et de confiance, et le psaume fournit aussi le graduel de cette messe, Universi qui te exspectant, et son offertoire. Le Carême y puise encore : les introïts du deuxième dimanche, Reminiscere miserationum tuarum, et du troisième, Oculi mei semper ad Dominum, sont tirés des versets 6 et 15. L'âme qui entre dans l'Avent reprend la voix des justes de l'Ancien Testament qui élevaient leur âme vers celui qui devait venir.
Le bréviaire. Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 24 est récité à Prime du mardi, divisé en trois sections : versets 1 à 7, 8 à 14, 15 à 22. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
L'Office des morts. Avec le psaume 23, Le Seigneur est mon berger, et le psaume 27, Le Seigneur est ma lumière, il forme le deuxième nocturne des Matines des défunts, sous l'antienne Delicta juventutis meæ et ignorantias meas ne memineris, Domine. Le verset 7 y devient la prière de l'Église pour l'âme qui comparaît devant Dieu.
Comment prier le psaume 25
Pendant l'Avent. C'est son temps liturgique propre. Le dire chaque jour de l'Avent, ou seulement son premier verset au réveil, c'est s'unir à l'Église qui attend Noël.
Avant une décision. Quand on ne sait quel chemin prendre, les versets 4 et 5 sont une prière toute faite : demander à Dieu de montrer ses voies, puis attendre « tout le jour ».
Avant la confession. Les versets 7, 11 et 18 disposent à l'aveu : « Voyez mon humiliation et ma peine, et remettez-moi tous mes péchés » (v. 18).
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 25 est-il aussi appelé psaume 24 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 25 des bibles modernes est donc le psaume 24 de la Vulgate, l'Ad te levavi. C'est le même texte.
Que disent les versets 4 et 5 du psaume 25 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Seigneur, montrez-moi Vos voies, et enseignez-moi Vos sentiers » (v. 4) ; « Conduisez-moi dans Votre vérité, et instruisez-moi, car Vous êtes le Dieu mon Sauveur » (v. 5). C'est la prière de celui qui cherche la volonté de Dieu. La Louis Segond, protestante, rend le même passage par Éternel, fais-moi connaître tes voies.
Qui a écrit le psaume 25 ?
Le titre l'attribue à David : « Pour la fin, psaume de David. » La tradition le reçoit comme la prière du roi pénitent, inspirée par le Saint-Esprit.
Pourquoi le psaume 25 ouvre-t-il l'Avent ?
Parce que l'Introït de la messe du premier dimanche de l'Avent, premier jour de l'année liturgique, est tiré de son premier verset : Ad te levavi animam meam. L'Église y exprime le désir et la confiance de ceux qui attendent le Sauveur. C'est pourquoi ce dimanche est parfois appelé, d'après ses premiers mots, le dimanche Ad te levavi.
Le psaume 25 est-il un psaume de confiance ou de pénitence ?
Les deux à la fois. Il dit la confiance (« je mets ma confiance en Vous ; que je n'aie pas à rougir ») et la componction (« Ne Vous souvenez pas des fautes de ma jeunesse »). C'est la prière d'un pécheur qui espère, ce qui en fait l'une des plus justes du Psautier.
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