La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 24 (Vulgate 23) : Domini est terra, l'entrée du Roi de gloire
Domini est terra
Le psaume 24 des bibles modernes, psaume 23 de la Vulgate, est le *Domini est terra* : « Au Seigneur est la terre et tout ce qu'elle renferme », puis l'appel fameux « Levez vos portes, ô princes […] et le roi de gloire entrera ». Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication, le sens du verset 7 et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 23 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 22.
1 Prima sabbati. Psalmus David. Domini est terra, et plenitudo ejus ; orbis terrarum, et universi qui habitant in eo.
1 Pour le premier jour de la semaine, psaume de David. Au Seigneur est la terre et tout ce qu’elle renferme, * le monde et tous ceux qui l’habitent.
2 Quia ipse super maria fundavit eum, et super flumina præparavit eum.
2 Car c’est Lui qui l’a fondé sur les mers, * et qui l’a établi sur les fleuves.
3 Quis ascendet in montem Domini ? aut quis stabit in loco sancto ejus ?
3 Qui montera sur la montagne du Seigneur ? * ou qui se tiendra dans Son lieu saint ?
4 Innocens manibus et mundo corde, qui non accepit in vano animam suam, nec juravit in dolo proximo suo :
4 Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, * qui n’a pas livré son âme à la vanité, ni fait à son prochain un serment trompeur.
5 hic accipiet benedictionem a Domino, et misericordiam a Deo salutari suo.
5 Celui-là recevra la bénédiction du Seigneur, * et la miséricorde de Dieu, son Sauveur.
6 Hæc est generatio quærentium eum, quærentium faciem Dei Jacob.
6 Telle est la race de ceux qui Le cherchent, * de ceux qui cherchent la face du Dieu de Jacob.
7 Attollite portas, principes, vestras, et elevamini, portæ æternales, et introibit rex gloriæ.
7 Levez vos portes, ô princes, et élevez-vous, portes éternelles, * et le roi de gloire entrera.
8 Quis est iste rex gloriæ ? Dominus fortis et potens, Dominus potens in prælio.
8 Qui est ce roi de gloire ? * C’est le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans les combats.
9 Attollite portas, principes, vestras, et elevamini, portæ æternales, et introibit rex gloriæ.
9 Levez vos portes, ô princes, et élevez-vous, portes éternelles, * et le roi de gloire entrera.
10 Quis est iste rex gloriæ ? Dominus virtutum ipse est rex gloriæ.
10 Quel est ce roi de gloire ? * Le Seigneur des armées est Lui-même ce roi de gloire.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 24 ou psaume 23 ?
Ce psaume porte deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 24 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 23, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Il ne faut donc pas le confondre avec le psaume 23, Le Seigneur est mon berger, qui est le psaume 22 de la Vulgate et le précède immédiatement. Les deux numérotations sont expliquées sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 24 ?
Le titre de la Vulgate est « Pour le premier jour de la semaine, psaume de David » (v. 1), Prima sabbati : le psaume était chanté le premier jour, celui que les chrétiens appellent le dimanche. La tradition le rattache au jour où David fit monter l'arche à Jérusalem, sur la montagne de Sion. Il se déroule comme une procession en trois stations : la terre entière, la montagne sainte, les portes de la ville.
La terre est au Seigneur (v. 1-2). Le psaume commence par une affirmation sans limites : « Au Seigneur est la terre et tout ce qu'elle renferme, le monde et tous ceux qui l'habitent » (v. 1). Le Dieu qui va entrer dans son sanctuaire n'est pas un dieu local : il a fondé le monde « sur les mers » (v. 2). Saint Paul cite ce verset pour enseigner aux Corinthiens que toute nourriture vient de Dieu : « La terre est au Seigneur, et tout ce qu'elle contient » (I Corinthiens 10, 26).
Qui montera ? (v. 3-6). Vient la question que pose le cortège arrivé au pied de la montagne : « Qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui se tiendra dans Son lieu saint ? » (v. 3). La réponse n'est pas rituelle, elle est morale : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, qui n'a pas livré son âme à la vanité, ni fait à son prochain un serment trompeur » (v. 4).
Le psaume 15, Domine, quis habitabit, pose la même question et donne la même réponse. Le Christ la portera à sa perfection dans la sixième béatitude : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5, 8). Le psaume ajoute que tels sont « ceux qui cherchent la face du Dieu de Jacob » (v. 6).
Les portes et le Roi (v. 7-10). Le cortège est maintenant devant les portes de la ville. Une voix les somme de s'ouvrir : « Levez vos portes, ô princes, et élevez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera » (v. 7). Les gardiens répondent par une question : « Qui est ce roi de gloire ? »
La réponse vient : « C'est le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans les combats » (v. 8). Le dialogue se répète une seconde fois, et la dernière réponse donne le nom tout entier : « Le Seigneur des armées est Lui-même ce roi de gloire » (v. 10). Les portes sont dites « éternelles » : elles sont plus anciennes que la ville, comme si le psaume parlait déjà d'autres portes que celles de Jérusalem.
Qui est le Roi de gloire ?
Les Pères répondent d'une seule voix : c'est le Christ. Saint Justin, au IIe siècle, dans son Dialogue avec Tryphon, applique déjà le psaume à l'Ascension : les portes éternelles sont celles du ciel, qui s'ouvrent devant le Seigneur ressuscité. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, suit la même voie et fait de la réponse un défi aux persécuteurs : celui qu'ils ont cru faible est le Seigneur fort et puissant, celui qu'ils ont cru vaincu est le Seigneur puissant dans les combats, vainqueur de la mort.
Le récit de l'Ascension dans les Actes des Apôtres, où « une nuée Le déroba à leurs yeux » (Actes 1, 9), trouve ici son chant d'accueil. Le même mystère est chanté dans le psaume 47, Omnes gentes, plaudite : « Dieu est monté au milieu des cris de joie ». La piété l'unit ainsi naturellement à la fête de l'Ascension.
Saint Paul donne au Christ le titre même du psaume quand il dit que les princes de ce siècle « n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » s'ils l'avaient connu. Le roi « puissant dans les combats » est le Crucifié devenu vainqueur, celui que l'Église honore sous le titre du Christ-Roi.
La tradition spirituelle lit enfin une troisième entrée : celle du Christ qui demande à entrer dans l'âme. Les portes à ouvrir sont alors celles du cœur, selon la parole de l'Apocalypse : « Voici, Je me tiens à la porte, et Je frappe ». Les mains innocentes et le cœur pur deviennent la condition pour le recevoir.
Le psaume 24 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 23 est récité à Prime du lundi, avec le psaume 19, Cæli enarrant, autre chant du Créateur du monde. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
Aux Ténèbres du Samedi saint, il ouvre le deuxième nocturne des Matines, avec l'antienne Elevamini, portæ æternales, et introibit Rex gloriæ : l'Église y voit le Christ qui descend aux enfers et en brise les portes, avant de monter au ciel.
Le Pontifical romain traditionnel lui donne aussi une place dans la consécration d'une église : l'évêque frappe à la porte encore fermée de l'édifice en disant Attollite portas, principes, vestras, et le dialogue du psaume s'échange entre le dehors et le dedans avant que la porte s'ouvre. Le Roi de gloire prend possession de la maison qu'on lui consacre.
Comment prier le psaume 24
Le matin. C'est son heure à l'office. Le réciter au lever, c'est ouvrir à Dieu les portes du jour : la journée entière, avec tout ce qu'elle renferme, est au Seigneur. Il accompagne bien la prière du matin.
Avant d'entrer à l'église ou de communier. La question du verset 3 est un examen de conscience très court : ai-je les mains innocentes et le cœur pur pour monter vers Dieu ? Les versets 7 à 10 disposent ensuite à recevoir le Roi de gloire dans l'Eucharistie.
Avec le psaume 27. Le désir de voir « la face du Dieu de Jacob » rejoint la prière du psaume 27, Dominus illuminatio mea : « Votre visage, Seigneur, je le chercherai » (Ps 26, 8).
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 24 est-il aussi appelé psaume 23 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 24 des bibles modernes est donc le psaume 23 de la Vulgate, le Domini est terra. Le psaume 23 des bibles modernes, Le Seigneur est mon berger, est le psaume 22 de la Vulgate.
Que dit le psaume 24, verset 7 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Levez vos portes, ô princes, et élevez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera. » Les bibles faites sur l'hébreu disent Portes, élevez vos linteaux. Les Pères y voient les portes du ciel s'ouvrant devant le Christ à l'Ascension.
Qui est le Roi de gloire du psaume 24 ?
Le psaume répond lui-même : le Seigneur fort et puissant, le Seigneur des armées. Pour la tradition chrétienne, c'est le Christ vainqueur de la mort, qui entre au ciel le jour de l'Ascension. Saint Paul l'appelle « le Seigneur de gloire ».
Que signifie le psaume 24 ?
Il enseigne trois choses : la terre entière appartient à Dieu, seul celui qui a les mains innocentes et le cœur pur peut monter vers lui, et le Roi de gloire fait son entrée dans son sanctuaire. C'est un psaume de procession, que la tradition applique à l'Ascension du Christ et à son entrée dans l'âme.
Qui a écrit le psaume 24 ?
Le titre l'attribue à David : « Pour le premier jour de la semaine, psaume de David. » Comme toute l'Écriture, il est inspiré par le Saint-Esprit.
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