La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 19 (Vulgate 18) : Cæli enarrant, les cieux racontent la gloire de Dieu
Cæli enarrant gloriam Dei
Le psaume 19 des bibles modernes, psaume 18 de la Vulgate, est le *Cæli enarrant* : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de Ses mains ». Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication de ce chant de la création et de la Loi, et la manière de le prier, viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 18 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 17.
1 In finem. Psalmus David.
1 Pour la fin, psaume de David.
2 Cæli enarrant gloriam Dei, et opera manuum ejus annuntiat firmamentum.
2 Les cieux racontent la gloire de Dieu, * et le firmament publie les œuvres de Ses mains.
3 Dies diei eructat verbum, et nox nocti indicat scientiam.
3 Le jour proclame ce message au jour, * et la nuit en donne connaissance à la nuit.
4 Non sunt loquelæ, neque sermones, quorum non audiantur voces eorum.
4 Ce ne sont point des paroles, ce n’est pas un langage * dont la voix ne soit pas entendue.
5 In omnem terram exivit sonus eorum, et in fines orbis terræ verba eorum.
5 Leur bruit s’est répandu dans toute la terre, * et leurs accents jusqu’aux extrémités du monde.
6 In sole posuit tabernaculum suum ; et ipse tamquam sponsus procedens de thalamo suo. Exsultavit ut gigas ad currendam viam ;
6 Il a établi Sa tente dans le soleil, * qui est lui-même semblable à un époux sortant de sa chambre nuptiale. Il s’est élancé comme un géant pour fournir sa carrière.*
7 a summo cælo egressio ejus. Et occursus ejus usque ad summum ejus ; nec est qui se abscondat a calore ejus.
7 Il sort de l’extrémité du ciel, et sa course va jusqu’à l’autre extrémité, * et il n’y a personne qui se dérobe à sa chaleur.
8 Lex Domini immaculata, convertens animas ; testimonium Domini fidele, sapientiam præstans parvulis.
8 La loi du Seigneur est sans tache, elle restaure les âmes ; * le témoignage du Seigneur est fidèle, il donne la sagesse aux petits.
9 Justitiæ Domini rectæ, lætificantes corda ; præceptum Domini lucidum, illuminans oculos.
9 Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs ; * le précepte du Seigneur est lumineux, il éclaire les yeux.
10 Timor Domini sanctus, permanens in sæculum sæculi ; judicia Domini vera, justificata in semetipsa,
10 La crainte du Seigneur est sainte, elle subsiste à jamais ; * les jugements du Seigneur sont vrais, ils se justifient par eux-mêmes.
11 desiderabilia super aurum et lapidem pretiosum multum, et dulciora super mel et favum.
11 Ils sont plus désirables que l’or et que beaucoup de pierres précieuses ; * ils sont plus doux que le miel, et qu’un rayon plein de miel.
12 Etenim servus tuus custodit ea ; in custodiendis illis retributio multa.
12 Aussi Votre serviteur les observe ; * à les garder, on trouve une grande récompense.
13 Delicta quis intelligit ? ab occultis meis munda me ;
13 Qui connaît ses fautes ? Purifiez-moi de celles qui sont cachées en moi, *
14 et ab alienis parce servo tuo. Si mei non fuerint dominati, tunc immaculatus ero, et emundabor a delicto maximo.
14 et préservez Votre serviteur de la corruption des étrangers. S’ils ne me dominent point, alors je serai sans tache, * et purifié d’un très grand péché.
15 Et erunt ut complaceant eloquia oris mei, et meditatio cordis mei in conspectu tuo semper. Domine, adjutor meus, et redemptor meus.
15 Et alors les paroles de ma bouche pourront Vous plaire, * et la méditation de mon cœur sera toujours en Votre présence. Seigneur, Vous êtes mon secours * et mon rédempteur.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 19 ou psaume 18 ?
Ce psaume porte deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 19 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 18, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Les versets aussi peuvent varier d'une édition à l'autre : la Vulgate, Fillion et la Louis Segond comptent le titre comme verset 1, si bien que Les cieux racontent est le verset 2 ; d'autres éditions omettent le titre et en font le verset 1. Les deux numérotations des psaumes sont expliquées sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 19 ?
Le psaume a deux volets qui semblent d'abord étrangers l'un à l'autre : le ciel et le soleil (v. 2-7), puis la Loi de Dieu (v. 8-12). Une prière de pureté les conclut (v. 13-15). Le lien est profond : Dieu parle deux fois à l'homme, par ce qu'il a fait et par ce qu'il a dit.
Le livre de la création (v. 2-5). « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de Ses mains » (v. 2). Le ciel n'est pas Dieu ; il le raconte, sans interruption : « Le jour proclame ce message au jour, et la nuit en donne connaissance à la nuit » (v. 3). C'est un langage sans paroles, et pourtant universel : « Leur bruit s'est répandu dans toute la terre, et leurs accents jusqu'aux extrémités du monde » (v. 5). Saint Paul enseigne la même vérité aux Romains : les perfections invisibles de Dieu se laissent voir par ses œuvres depuis la création du monde. C'est la connaissance naturelle de Dieu.
Le soleil, époux et géant (v. 6-7). Au centre du ciel, le soleil : « semblable à un époux sortant de sa chambre nuptiale. Il s'est élancé comme un géant pour fournir sa carrière » (v. 6). Il traverse le ciel d'une extrémité à l'autre, « et il n'y a personne qui se dérobe à sa chaleur » (v. 7).
Le livre de la Loi (v. 8-12). Sans transition, le psaume passe du soleil à la Loi, comme s'il s'agissait d'une seule lumière. Six noms la désignent, chacun suivi de son fruit : « La loi du Seigneur est sans tache, elle restaure les âmes ; le témoignage du Seigneur est fidèle, il donne la sagesse aux petits » (v. 8). « Le précepte du Seigneur est lumineux, il éclaire les yeux » (v. 9). Les jugements de Dieu sont « plus doux que le miel, et qu'un rayon plein de miel » (v. 11). Le même amour de la Loi remplit le psaume 119, Beati immaculati, le plus long du Psautier.
La prière du serviteur (v. 13-15). Devant une Loi si pure, l'homme se découvre pécheur : « Qui connaît ses fautes ? Purifiez-moi de celles qui sont cachées en moi » (v. 13). Il demande d'être préservé « de la corruption des étrangers », c'est-à-dire, selon la Vulgate, des influences qui détournent de Dieu, et d'être purifié « d'un très grand péché » (v. 14). Le dernier verset est une offrande : « Et alors les paroles de ma bouche pourront Vous plaire, et la méditation de mon cœur sera toujours en Votre présence. Seigneur, Vous êtes mon secours et mon rédempteur » (v. 15).
La lecture des Pères : les Apôtres et l'Époux
Saint Paul a donné la clef de la lecture chrétienne. Dans l'épître aux Romains, il applique le verset 5 à la prédication de l'Évangile : « leur voix est allée par toute la terre, et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde » (Romains 10, 18). Les cieux qui racontent la gloire de Dieu deviennent les Apôtres. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, suit cette voie : les cieux sont les prédicateurs de l'Évangile, portés par le Saint-Esprit, et leur voix a rempli le monde.
Le soleil-époux a reçu une lecture plus belle encore. Les Pères y ont vu le Christ, le Verbe qui a dressé sa tente dans la chair et qui sort du sein virginal de Marie comme l'époux de sa chambre nuptiale, pour courir sa carrière de géant, de sa naissance à la croix et de la croix au ciel. Saint Ambroise a mis cette lecture en hymne dans le Veni, Redemptor gentium, où le Christ s'avance de la chambre royale de la pudeur, géant à la double substance, divine et humaine. Le psaume prépare ainsi le cantique de Zacharie, qui salue le Christ comme le soleil levant venu d'en haut (Luc 1, 78).
La seconde partie est alors la Loi nouvelle, l'Évangile, plus douce que le miel. Création et Révélation, l'Ancien et le Nouveau Testament : un seul Dieu parle dans les deux livres.
Le psaume 19 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 18 est récité à Prime du lundi, divisé en deux sections : la première sur la création (versets 2 à 7), la seconde sur la Loi (versets 8 à 15). Il ouvre la semaine à l'heure où le soleil commence la course que chante le psaume. Le psaume 24, Domini est terra, autre chant du Créateur de l'univers, appartient à la même heure. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 19
Le matin. C'est son heure à l'office. Récité au lever, devant la lumière qui monte, il rapporte la journée à son Auteur et accompagne bien la prière du matin.
Devant la création. Le ciel étoilé, la mer, la montagne : le psaume apprend à ne pas s'arrêter à la beauté, mais à remonter à celui qu'elle raconte. Il se prie avec le psaume 8, Domine, Dominus noster, qui contemple les cieux « ouvrage de Vos doigts », et le psaume 104, Benedic, anima mea, le grand hymne au Créateur.
Avant de parler. Le dernier verset est une prière avant de prêcher, d'enseigner, de prendre la parole en public : que les paroles de la bouche et la méditation du cœur plaisent à Dieu.
À l'examen de conscience. Le verset 13 est une prière pour les fautes que l'on ne voit pas : Ab occultis meis munda me.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 19 est-il aussi appelé psaume 18 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 19 des bibles modernes est donc le psaume 18 de la Vulgate, le Cæli enarrant. C'est le même texte.
Que dit le psaume 19, verset 1 ?
Dans les éditions qui ne comptent pas le titre, le verset 1 est : Les cieux racontent la gloire de Dieu. Dans la Vulgate et chez l'abbé Fillion, c'est le verset 2 : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de Ses mains. » Il enseigne que la création proclame son Créateur.
Que signifie « les cieux racontent la gloire de Dieu » ?
Que l'univers visible est un langage par lequel Dieu se fait connaître à tous les hommes, sans paroles mais sans interruption. Saint Paul applique ensuite le psaume aux Apôtres, dont la prédication a rempli la terre. Les Pères voient dans le soleil-époux le Christ lui-même.
Que dit le dernier verset du psaume 19 ?
Chez l'abbé Fillion, c'est le verset 15 : « Et alors les paroles de ma bouche pourront Vous plaire, et la méditation de mon cœur sera toujours en Votre présence. Seigneur, Vous êtes mon secours et mon rédempteur. » Dans les éditions qui omettent le titre, il est numéroté 14. C'est une prière avant de parler ou de prier.
Qui a écrit le psaume 19 ?
Le titre l'attribue à David : « Pour la fin, psaume de David. » La tradition le reçoit comme l'œuvre du roi-prophète, inspirée par le Saint-Esprit.
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