La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 52 (Vulgate 51) : Quid gloriaris, la langue trompeuse et l'olivier fertile
Le psaume 52 des bibles modernes, psaume 51 de la Vulgate, est le *Quid gloriaris in malitia* de David : la réponse du juste à Doëg, le délateur qui le livra à Saül, et l'image de l'âme fidèle, « comme un olivier fertile dans la maison de Dieu ». Son texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard, suit verset par verset ; l'explication vient ensuite.
Vous cherchez le psaume 51 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 50.
1 In finem. Intellectus David,
1 Pour la fin, instruction de David,
2 cum venit Doëg Idumæus, et nuntiavit Sauli : Venit David in domum Achimelech.
2 lorsque Doëg l’Iduméen vint annoncer cette nouvelle à Saül : David est venu dans la maison d’Achimélech.
3 Quid gloriaris in malitia, qui potens es in iniquitate ?
3 Pourquoi te glorifies-tu dans le mal, * toi qui es vaillant pour commettre l’iniquité ?
4 Tota die injustitiam cogitavit lingua tua ; sicut novacula acuta fecisti dolum.
4 Tout le jour ta langue a médité l’injustice ; * comme un rasoir affilé tu pratiques la tromperie.
5 Dilexisti malitiam super benignitatem ; iniquitatem magis quam loqui æquitatem.
5 Tu as plus aimé la malice que la bonté, * l’iniquité plus que les paroles de justice.
6 Dilexisti omnia verba præcipitationis ; lingua dolosa.
6 Tu as aimé toutes les paroles de ruine, * ô langue trompeuse.
7 Propterea Deus destruet te in finem ; evellet te, et emigrabit te de tabernaculo tuo, et radicem tuam de terra viventium.
7 C’est pourquoi Dieu te détruira pour toujours ; * Il t’arrachera et te fera sortir de ta tente, et Il enlèvera ta racine de la terre des vivants.
8 Videbunt justi, et timebunt ; et super eum ridebunt, et dicent :
8 Les justes le verront, et craindront ; * et ils se riront de lui, en disant : *
9 Ecce homo qui non posuit Deum adjutorem suum ; sed speravit in multitudine divitiarum suarum, et prævaluit in vanitate sua.
9 Voilà l’homme qui n’a point pris Dieu pour son protecteur, mais qui s’est confié dans la multitude de ses richesses, * et qui s’est prévalu de sa vanité.
10 Ego autem, sicut oliva fructifera in domo Dei ; speravi in misericordia Dei, in æternum et in sæculum sæculi.
10 Mais moi, je suis comme un olivier fertile dans la maison de Dieu. * J’espère en la miséricorde de Dieu éternellement et à jamais.
11 Confitebor tibi in sæculum, quia fecisti ; et exspectabo nomen tuum, quoniam bonum est in conspectu sanctorum tuorum.
11 Je Vous louerai sans fin, parce que Vous avez fait cela ; * et j’attendrai Votre Nom, parce qu’il est bon, en présence de Vos saints.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 52 ou psaume 51 ?
Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, numérotent ce psaume 52. La Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie latine, le numérotent 51, parce qu'elles réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. C'est le même texte, le Quid gloriaris. Il ne faut pas le confondre avec le Miserere, qui est le psaume 51 des bibles modernes. La page des Psaumes donne toutes les correspondances.
Que signifie le psaume 52 ?
Le titre : la délation de Doëg
Le titre situe le psaume « lorsque Doëg l'Iduméen vint annoncer cette nouvelle à Saül » (v. 2). Le récit se lit au Ier livre des Rois, chapitre 22 (1 Samuel dans les bibles modernes). David, fuyant Saül, avait reçu du grand prêtre Achimélech du pain et l'épée de Goliath. Doëg, chef des serviteurs de Saül, l'avait vu et alla le dire au roi. Saül fit massacrer les prêtres de Nobé, et c'est Doëg lui-même qui les tua. Le psaume est la réponse de David à cet homme.
Le portrait du méchant (v. 3 à 6)
Le psaume s'ouvre par une question : « Pourquoi te glorifies-tu dans le mal, toi qui est vaillant pour commettre l'iniquité ? » (v. 3). Le péché de Doëg est d'abord un péché de langue : « comme un rasoir affilé tu pratiques la tromperie » (v. 4). Il n'a pas menti sur les faits, mais il a parlé pour perdre. Le psaume l'accuse d'avoir aimé « toutes les paroles de ruine » (v. 6) : la délation, la médisance, la parole qui livre l'innocent.
La sentence (v. 7 à 9)
« C'est pourquoi Dieu te détruira pour toujours » (v. 7) : il arrachera le méchant de sa tente et sa racine de la terre des vivants. Les justes le verront et diront : « Voilà l'homme qui n'a point pris Dieu pour son protecteur, mais qui s'est confié dans la multitude de ses richesses » (v. 9). Sa faute profonde est d'avoir cherché sa sécurité ailleurs qu'en Dieu.
L'olivier fertile (v. 10 et 11)
Le contraste est saisissant. Le méchant sera déraciné ; le juste est planté : « Mais moi, je suis comme un olivier fertile dans la maison de Dieu. J'espère en la miséricorde de Dieu éternellement et à jamais » (v. 10). C'est le verset le plus cherché du psaume. L'olivier vit très longtemps et donne l'huile de la lumière et de l'onction ; le juste ne doit pas sa vigueur à lui-même, mais à la maison de Dieu où il est enraciné. Le dernier verset promet la louange « en présence de Vos saints » (v. 11).
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, voit en Doëg la figure de l'homme terrestre, qui se glorifie de sa malice et de sa puissance, et en David celle du Christ et de son Église, que les délateurs poursuivent sans pouvoir la déraciner. L'olivier fertile est l'Église elle-même, et chaque fidèle greffé sur elle. Saint Paul emploie la même image de l'olivier pour Israël et les nations dans l'Épître aux Romains, chapitre 11.
Le psaume se rapproche du psaume 1, Beatus vir, où le juste est comme un arbre planté près des eaux, et du psaume 92, Bonum est confiteri, où les justes sont « plantés dans la maison du Seigneur ». Contre la langue trompeuse, on peut le prier avec le psaume 120, Ad Dominum cum tribularer.
Le psaume 52 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 51 de la Vulgate se dit à Prime le mercredi, avec le psaume 52. Vous le retrouverez dans le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 52
Il se prie le matin, avant les conversations de la journée, comme un examen de la langue : médisance, calomnie, délation sont des péchés graves contre le prochain. Il convient à celui qui est victime d'une dénonciation injuste ou d'une campagne de mensonges, pour qu'il remette sa cause à Dieu. Le verset 10 peut se redire seul, comme un acte d'espérance.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 52 est-il aussi appelé psaume 51 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, ont un numéro de retard sur les bibles modernes pour la plupart des psaumes. Le Quid gloriaris est le 51 de la Vulgate et le 52 des bibles qui suivent l'hébreu.
Que dit le psaume 52, verset 10 ?
« Mais moi, je suis comme un olivier fertile dans la maison de Dieu. J'espère en la miséricorde de Dieu éternellement et à jamais. » Le juste, enraciné en Dieu, demeure et porte du fruit, quand le méchant est arraché de la terre des vivants.
Qui est Doëg dans le psaume 52 ?
Doëg l'Iduméen était le premier des officiers de Saül. Il dénonça au roi le grand prêtre Achimélech, qui avait aidé David, puis massacra lui-même les prêtres de Nobé. Le récit se trouve au Ier livre des Rois, chapitre 22.
Qui a écrit le psaume 52 ?
Le titre l'attribue à David, au temps où il fuyait Saül ; l'article sur le roi David retrace cette période de sa vie.
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