La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 71 (Vulgate 70) : In te, Domine, speravi, la confiance jusqu'à la vieillesse
Le psaume 71 des bibles modernes est le psaume 70 de la Vulgate, *In te, Domine, speravi ; non confundar in æternum* : la prière d'un homme qui a espéré en Dieu depuis le sein de sa mère et lui demande de ne pas l'abandonner aux jours de la vieillesse. C'est de lui que vient le refrain *Ma bouche annonce ton salut*. Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset, avec l'explication en dessous.
Vous cherchez le psaume 70 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 69.
1 Psalmus David, filiorum Jonadab, et priorum captivorum. In te, Domine, speravi ; non confundar in æternum.
1 Psaume de David, des fils de Jonadab, et des premiers captifs. C’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré ; que je ne sois pas à jamais confondu.*
2 In justitia tua libera me, et eripe me : inclina ad me aurem tuam, et salva me.
2 Dans Votre justice, délivrez-moi et secourez-moi Inclinez vers moi Votre oreille, * et sauvez-moi.
3 Esto mihi in Deum protectorem, et in locum munitum, ut salvum me facias : quoniam firmamentum meum et refugium meum es tu.
3 Soyez-moi un Dieu protecteur et un asile fortifié, * afin de me sauver ; car Vous êtes ma force et mon refuge.
4 Deus meus, eripe me de manu peccatoris, et de manu contra legem agentis, et iniqui :
4 Mon Dieu, tirez-moi de la main du pécheur, * et de la main de celui qui agit contre la loi, et du pervers ;
5 quoniam tu es patientia mea, Domine ; Domine, spes mea a juventute mea.
5 car Vous êtes mon attente, Seigneur ; * Seigneur, Vous êtes mon espérance depuis ma jeunesse.
6 In te confirmatus sum ex utero ; de ventre matris meæ tu es protector meus ; in te cantatio mea semper.
6 Sur Vous je me suis appuyé dès ma naissance ; * dès le sein de ma mère Vous êtes mon protecteur. Vous serez toujours le sujet de mes chants. *
7 Tamquam prodigium factus sum multis ; et tu adjutor fortis.
7 Je suis devenu pour beaucoup comme un prodige ; et Vous, Vous êtes un puissant secours.
8 Repleatur os meum laude, ut cantem gloriam tuam, tota die magnitudinem tuam.
8 Que ma bouche soit remplie de louanges, pour que je chante Votre gloire, * et chaque jour Votre grandeur.
9 Ne projicias me in tempore senectutis ; cum defecerit virtus mea, ne derelinquas me.
9 Ne me rejetez pas au temps de la vieillesse ; * lorsque ma force se sera épuisée, ne m’abandonnez pas.
10 Quia dixerunt inimici mei mihi, et qui custodiebant animam meam consilium fecerunt in unum,
10 Car mes ennemis ont parlé contre moi, * et ceux qui épiaient ma vie ont tenu conseil ensemble,
11 dicentes : Deus dereliquit eum : persequimini et comprehendite eum, quia non est qui eripiat.
11 disant : Dieu l’a abandonné ; poursuivez-le et saisissez-le ; * il n’y a personne pour le délivrer.
12 Deus, ne elongeris a me ; Deus meus, in auxilium meum respice.
12 O Dieu, ne Vous éloignez pas de moi ; * mon Dieu, voyez à me secourir.
13 Confundantur et deficiant detrahentes animæ meæ ; operiantur confusione et pudore qui quærunt mala mihi.
13 Qu’ils soient confondus et réduits à néant, ceux qui en veulent à ma vie ; * qu’ils soient couverts de confusion et de honte, ceux qui cherchent mon mal.
14 Ego autem semper sperabo, et adjiciam super omnem laudem tuam.
14 Mais moi, j’espérerai toujours, * et j’ajouterai à toutes Vos louanges.
15 Os meum annuntiabit justitiam tuam, tota die salutare tuum. Quoniam non cognovi litteraturam,
15 Ma bouche publiera Votre justice, * et tout le jour Votre assistance salutaire. Ne connaissant pas la science humaine,
16 introibo in potentias Domini ; Domine, memorabor justitiæ tuæ solius.
16 je contemplerai les œuvres puissantes du Seigneur ; * Seigneur, je me rappellerai Votre justice, la Vôtre seule.
17 Deus, docuisti me a juventute mea ; et usque nunc pronuntiabo mirabilia tua.
17 O Dieu, Vous m’avez instruit dès ma jeunesse, * et je publierai Vos merveilles que j’ai éprouvées jusqu’à présent.
18 Et usque in senectam et senium, Deus, ne derelinquas me, donec annuntiem brachium tuum generationi omni quæ ventura est, potentiam tuam,
18 Et jusqu’à la vieillesse et aux cheveux blancs, * ô Dieu, ne m’abandonnez pas, jusqu’à ce que j’aie annoncé la force de Votre bras * à toutes les générations à venir ; Votre puissance
19 et justitiam tuam, Deus, usque in altissima ; quæ fecisti magnalia, Deus : quis similis tibi ?
19 et Votre justice qui atteint, ô Dieu, jusqu’aux cieux. * Dans les grandes choses que Vous avez faites, ô Dieu, qui est semblable à Vous ?
20 Quantas ostendisti mihi tribulationes multas et malas ! et conversus vivificasti me, et de abyssis terræ iterum reduxisti me.
20 Que de tribulations nombreuses et cruelles Vous m’avez fait éprouver ! Et Vous retournant, Vous m’avez rendu la vie, * et Vous m’avez retiré des abîmes de la terre.
21 Multiplicasti magnificentiam tuam ; et conversus consolatus es me.
21 Vous avez fait éclater Votre magnificence, * et, Vous retournant, Vous m’avez consolé.
22 Nam et ego confitebor tibi in vasis psalmi veritatem tuam, Deus ; psallam tibi in cithara, sanctus Israël.
22 Car je célébrerai encore, ô Dieu, Votre vérité au son des instruments ; * je Vous chanterai sur la harpe, ô Saint d’Israël.
23 Exsultabunt labia mea cum cantavero tibi ; et anima mea quam redemisti.
23 L’allégresse sera sur mes lèvres lorsque je Vous chanterai, * et dans mon âme, que Vous avez rachetée.
24 Sed et lingua mea tota die meditabitur justitiam tuam, cum confusi et reveriti fuerint qui quærunt mala mihi.
24 Et ma langue annoncera tout le jour Votre justice, * lorsque ceux qui cherchent mon mal seront couverts de confusion et de honte.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 71 ou psaume 70 ?
Ce psaume porte le numéro 71 dans les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, et le numéro 70 dans la Vulgate, le Bréviaire et le Missel romains, qui réunissent les psaumes 9 et 10. Les livres liturgiques français actuels suivent la numérotation grecque : le chant Ma bouche annonce ton salut, donné comme psaume 70, est donc bien ce psaume-ci, et non le Deus, in adjutorium. Retrouvez toute la correspondance sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 71 ?
Le titre. La Vulgate, après la Septante, porte : « Psaume de David, des fils de Jonadab, et des premiers captifs » (v. 1). Les fils de Jonadab sont les Réchabites, cette famille fidèle qui refusait le vin et les maisons et que Jérémie donne en exemple à Jérusalem infidèle (Jérémie 35). Le psaume de David serait devenu la prière des fidèles emmenés les premiers en captivité. L'hébreu n'a pas de titre.
L'appel confiant (v. 1-4). Il s'ouvre par les mots qui terminent le Te Deum : In te, Domine, speravi ; non confundar in æternum, « C'est en Vous, Seigneur, que j'ai espéré » (v. 1). Le psaume 31 (Vulgate 30) commence exactement par les mêmes mots, et se poursuit, comme celui-ci, par in justitia tua libera me. Le psalmiste demande : « Soyez-moi un Dieu protecteur et un asile fortifié » (v. 3), et que Dieu le tire « de la main du pécheur » (v. 4).
Une vie entière appuyée sur Dieu (v. 5-8). Le cœur du psaume est un regard sur toute une existence : « Seigneur, Vous êtes mon espérance depuis ma jeunesse » (v. 5) ; « Sur Vous je me suis appuyé dès ma naissance ; dès le sein de ma mère Vous êtes mon protecteur » (v. 6). Celui qui parle a été pour beaucoup « comme un prodige » (v. 7), objet d'étonnement ou de moquerie, mais Dieu a été son secours. D'où le désir de louange : « Que ma bouche soit remplie de louanges » (v. 8).
La prière de la vieillesse (v. 9-13). Puis vient la demande qui rend ce psaume unique : « Ne me rejetez pas au temps de la vieillesse ; lorsque ma force se sera épuisée, ne m'abandonnez pas » (v. 9). Les ennemis spéculent sur sa faiblesse : « Dieu l'a abandonné ; poursuivez-le et saisissez-le » (v. 11). La réponse est une prière : « O Dieu, ne Vous éloignez pas de moi » (v. 12).
L'espérance qui grandit (v. 14-21). « Mais moi, j'espérerai toujours, et j'ajouterai à toutes Vos louanges » (v. 14). Le vieillard veut transmettre : « Ma bouche publiera Votre justice » (v. 15) ; « jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu, ne m'abandonnez pas, jusqu'à ce que j'aie annoncé la force de Votre bras » (v. 18) aux générations qui viennent. Il se souvient des épreuves, et de la main qui l'en a tiré : « Vous m'avez retiré des abîmes de la terre » (v. 20).
La harpe (v. 22-24). Le psaume finit en musique : « je Vous chanterai sur la harpe, ô Saint d'Israël » (v. 22). Ce titre divin, cher à Isaïe, est rare dans les psaumes. La louange monte des lèvres et de l'âme « que Vous avez rachetée » (v. 23).
La lecture des Pères et de la tradition
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, fait de ce psaume la prière de l'Église entière, qui a commencé avec le Christ et traverse les âges jusqu'à sa vieillesse, la fin du monde. Il s'arrête sur le verset 15, quoniam non cognovi litteraturam (Fillion : « Ne connaissant pas la science humaine »), en signalant que d'autres manuscrits lisaient negotiationem, le commerce : dans les deux cas, le psalmiste renonce à se glorifier de ce qui vient de l'homme pour se rappeler la seule justice de Dieu, « la Vôtre seule » (v. 16).
La tradition y a aussi entendu le Christ. Le verset 11, « Dieu l'a abandonné », annonce les moqueries du Calvaire, et le verset 20, la Résurrection : celui que Dieu a laissé descendre dans les abîmes, il l'en a ramené. Le verset 6, « dès le sein de ma mère », rejoint le psaume 22, Deus, Deus meus, respice, où le Juste crucifié dit : « depuis que j'ai quitté ses entrailles, c'est Vous qui êtes mon Dieu ».
Les psaumes voisins sont proches : le psaume 31, In te, Domine, speravi, qui commence par les mêmes mots et contient In manus tuas, et le psaume 70, Deus, in adjutorium, dont il reprend le « hâtez-vous » au verset 12 sous la forme « voyez à me secourir ». Pour la confiance, on le lira avec le psaume 91, Qui habitat.
Le psaume 71 dans la liturgie
Dans le psautier du Bréviaire romain de 1962, le psaume 70 de la Vulgate se chante aux Complies du jeudi, à la suite du psaume 69, Deus, in adjutorium. L'Église le place à l'heure où le jour finit, comme une image de la vie qui s'achève : la prière de la vieillesse devient celle du soir. Vous pouvez suivre cet office dans le bréviaire du jour, et en découvrir le sens dans l'article sur les Complies.
Les mots qui l'ouvrent forment aussi la dernière ligne du Te Deum, l'hymne d'action de grâces de l'Église : In te, Domine, speravi : non confundar in æternum. Comme le psaume 31 (Vulgate 30) commence de la même manière, on ne peut dire lequel des deux l'hymne a voulu citer ; elle s'achève en tout cas sur cet acte d'espérance.
Comment prier le psaume 71
- Dans la vieillesse et la maladie. C'est le psaume des personnes âgées, de ceux qui sentent leurs forces décliner et craignent l'abandon. Les versets 9 et 18 sont une prière à dire chaque jour.
- Pour les grands-parents et les parents âgés, en les confiant à Dieu avec les mots mêmes du psaume.
- En regardant sa vie, les versets 5 et 6 et 17 font rendre grâce pour la présence de Dieu depuis l'enfance.
- Le soir, aux Complies du jeudi ou avant le sommeil.
- Pour transmettre la foi, avec le verset 18 : demander de vivre assez pour annoncer Dieu aux générations qui viennent.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 71 ?
C'est la prière confiante d'un homme qui a espéré en Dieu depuis sa naissance et lui demande de ne pas l'abandonner dans la vieillesse, alors que ses ennemis le croient perdu. Il promet de louer Dieu et d'annoncer sa justice aux générations futures. La tradition y lit aussi la prière de l'Église à travers les âges.
Le psaume 70 Ma bouche annonce ton salut est-il le psaume 71 ?
Oui. Ce refrain de la liturgie française actuelle reprend le verset 15, que Fillion traduit : « Ma bouche publiera Votre justice, et tout le jour Votre assistance salutaire ». Il y porte le numéro 70, comme dans la Vulgate ; les bibles modernes le numérotent 71.
Le psaume 71 est-il une prière pour les personnes âgées ?
Oui : c'est le psaume qui demande le plus expressément à Dieu de ne pas abandonner l'homme « au temps de la vieillesse ». On peut le prier pour soi-même ou pour un proche âgé, malade ou isolé.
Qui a écrit le psaume 71 ?
Le titre de la Vulgate l'attribue à David, et ajoute qu'il fut chanté par les fils de Jonadab et les premiers captifs. L'hébreu le donne sans titre. L'Église l'a reçu comme un psaume de David.
Le psaume 71 En ces jours-là fleurira la justice, est-ce celui-ci ?
Non. Ce refrain vient du psaume Deus, judicium tuum, numéroté 71 dans la Vulgate et dans les livres liturgiques français, et 72 dans les bibles modernes. Vous le trouverez à la page du psaume 72, Deus, judicium tuum.
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