La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 17 (Vulgate 16) : Exaudi, Domine, justitiam meam, la prière du juste
Le psaume 17 des bibles modernes, psaume 16 de la Vulgate, est l'*Exaudi, Domine, justitiam meam*, la prière de David persécuté qui demande à Dieu : « défendez-moi comme la prunelle de l'œil ». Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion avec le latin en regard, verset par verset ; l'explication, le sens du verset 8 et la manière de le prier viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 16 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 15.
1 Oratio David. Exaudi, Domine, justitiam meam ; intende deprecationem meam. Auribus percipe orationem meam, non in labiis dolosis.
1 Prière de David. Exaucez, Seigneur, ma justice ; * soyez attentif à ma supplication. Prêtez l’oreille à ma prière, * qui ne part point de lèvres trompeuses.
2 De vultu tuo judicium meum prodeat ; oculi tui videant æquitates.
2 Que mon jugement procède de Votre visage ; * que Vos yeux regardent l’équité.
3 Probasti cor meum, et visitasti nocte ; igne me examinasti, et non est inventa in me iniquitas.
3 Vous avez éprouvé mon cœur, et Vous l’avez visité durant la nuit ; * Vous m’avez éprouvé par le feu, et l’iniquité ne s’est point trouvée en moi.
4 Ut non loquatur os meum opera hominum : propter verba labiorum tuorum, ego custodivi vias duras.
4 Afin que ma bouche ne célèbre point les œuvres des hommes, * j’ai eu soin, à cause des paroles de Vos lèvres, de marcher par des voies rudes.
5 Perfice gressus meos in semitis tuis, ut non moveantur vestigia mea.
5 Affermissez mes pas dans Vos sentiers, * afin que mes pieds ne soient point ébranlés.
6 Ego clamavi, quoniam exaudisti me, Deus ; inclina aurem tuam mihi, et exaudi verba mea.
6 J’ai crié, mon Dieu, parce que Vous m’avez exaucé : * inclinez vers moi Votre oreille, et exaucez mes paroles.
7 Mirifica misericordias tuas, qui salvos facis sperantes in te.
7 Faites éclater Vos miséricordes, * Vous qui sauvez ceux qui espèrent en Vous.
8 A resistentibus dexteræ tuæ custodi me ut pupillam oculi. Sub umbra alarum tuarum protege me
8 Contre ceux qui résistent à Votre droite, défendez-moi * comme la prunelle de l’œil. Protégez-moi à l’ombre de Vos ailes, *
9 a facie impiorum qui me afflixerunt. Inimici mei animam meam circumdederunt ;
9 contre les impies qui m’affligent. Mes ennemis ont environné mon âme ;
10 adipem suum concluserunt : os eorum locutum est superbiam.
10 ils ont fermé leurs entrailles ; * leur bouche a parlé avec orgueil.
11 Projicientes me nunc circumdederunt me ; oculos suos statuerunt declinare in terram.
11 Après m’avoir repoussé, maintenant ils m’assaillent ; * ils fixent leurs yeux sur moi pour me renverser à terre.
12 Susceperunt me sicut leo paratus ad prædam, et sicut catulus leonis habitans in abditis.
12 Ils m’ont saisi comme un lion prêt à ravir sa proie, * et comme un lionceau qui habite dans les fourrés.
13 Exsurge, Domine : præveni eum, et supplanta eum : eripe animam meam ab impio ; frameam tuam
13 Levez-Vous, Seigneur ; prévenez-le, et faites-le tomber ; * délivrez mon âme de l’impie, et arrachez Votre glaive
14 ab inimicis manus tuæ. Domine, a paucis de terra divide eos in vita eorum ; de absconditis tuis adimpletus est venter eorum. Saturati sunt filiis, et dimiserunt reliquias suas parvulis suis.
14 aux ennemis de Votre main. Seigneur, séparez-les dès leur vie même du petit nombre de Vos fidèles qui sont sur la terre ; * leur ventre est rempli de Vos trésors. Ils sont rassasiés d’enfants, * et ils laissent le reste de leurs biens à leurs petits enfants.
15 Ego autem in justitia apparebo conspectui tuo ; satiabor cum apparuerit gloria tua.
15 Pour moi, c’est par la justice que je serai admis en Votre présence ; * je serai rassasié lorsque apparaîtra Votre gloire.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 17 ou psaume 16 ?
Ce psaume porte deux numéros. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 17 ; la Vulgate, la Septante et les livres liturgiques de l'Église le comptent comme psaume 16, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Les versets, eux, se correspondent : le célèbre verset 8 est le même dans les deux numérotations. Pour passer de l'une à l'autre, consultez la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 17 ?
Le titre est bref : « Prière de David » (v. 1), Oratio David. C'est la supplication d'un innocent accusé et traqué, qui ne cherche pas à se défendre lui-même, mais porte sa cause devant le seul juge dont la sentence compte.
L'appel au juge (v. 1-5). David demande : « Exaucez, Seigneur, ma justice ; soyez attentif à ma supplication » (v. 1). Il ne prétend pas être sans péché. Il affirme que, dans la cause présente, il a les mains nettes, et il ose demander que son jugement « procède de Votre visage » (v. 2).
La preuve qu'il donne est celle d'une conscience qui s'est laissé sonder : « Vous avez éprouvé mon cœur, et Vous l'avez visité durant la nuit ; Vous m'avez éprouvé par le feu, et l'iniquité ne s'est point trouvée en moi » (v. 3). La nuit est l'heure de l'examen, quand les excuses tombent. Pour garder cette droiture, il a choisi « de marcher par des voies rudes » (v. 4), et il demande seulement : « Affermissez mes pas dans Vos sentiers » (v. 5).
La prunelle et les ailes (v. 6-9). Vient alors le cœur du psaume : « Contre ceux qui résistent à Votre droite, défendez-moi comme la prunelle de l'œil. Protégez-moi à l'ombre de Vos ailes » (v. 8). La prunelle est ce que le corps protège d'instinct : la paupière se ferme avant même que l'on ait vu le danger. Demander à Dieu une telle garde, c'est se confier à une vigilance qui ne se relâche jamais.
L'image vient du cantique de Moïse, où Dieu garde son peuple au désert « comme la prunelle de Son œil » et étend sur lui ses ailes comme l'aigle sur ses petits (Deutéronome 32, 10). L'ombre des ailes est celle de l'oiseau qui couvre sa nichée ; le Christ la reprendra pour lui-même en pleurant sur Jérusalem, quand il dit avoir voulu rassembler ses enfants « comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes » (Matthieu 23, 37).
Les ennemis (v. 9-14). Le portrait des persécuteurs est sombre : « ils ont fermé leurs entrailles ; leur bouche a parlé avec orgueil » (v. 10). Ils guettent leur proie « comme un lion prêt à ravir sa proie » (v. 12). Le verset 14 les décrit comme des hommes dont tout l'horizon est cette vie : leur ventre est rempli, ils sont rassasiés d'enfants, et « ils laissent le reste de leurs biens à leurs petits enfants » (v. 14). Ils ont leur récompense ici-bas.
Le rassasiement du juste (v. 15). Le dernier verset oppose à ce rassasiement terrestre un autre rassasiement : « Pour moi, c'est par la justice que je serai admis en Votre présence ; je serai rassasié lorsque apparaîtra Votre gloire » (v. 15). Le psaume, commencé dans l'angoisse de la nuit, finit dans l'attente d'une lumière.
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend dans ce psaume la voix du Christ, le seul juste en qui l'iniquité ne s'est vraiment « point trouvée », éprouvé par le feu de la Passion et environné d'ennemis. Le psaume devient ensuite la prière de l'Église, son corps, qui souffre à son tour la calomnie et la persécution, et de chaque fidèle en elle.
Le dernier verset a surtout retenu la tradition. Le juste ne sera pas rassasié de biens qu'il faudrait laisser, comme l'homme riche à qui l'on redemande son âme la nuit même ; il sera rassasié « lorsque apparaîtra Votre gloire ». Les Pères y ont lu la résurrection et la vision de Dieu face à face, que saint Jean promet aux enfants de Dieu : « nous serons semblables à Lui, parce que nous Le verrons tel qu'Il est » (I Jean 3, 2). Deux héritages s'opposent ainsi : les biens laissés aux petits-enfants, et Dieu lui-même, possédé sans fin.
Ce psaume forme un groupe avec ses voisins. Il suit le psaume 16, Conserva me, Domine, où le juste confesse déjà que le Seigneur est la part de son héritage, et il précède le psaume 18, Diligam te, Domine, le cantique de David enfin délivré de ses ennemis.
Le psaume 17 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, qui suit le psautier hebdomadaire de saint Pie X (1911), le psaume 16 est récité aux Matines du lundi, l'office de nuit. C'est la nuit, dit le verset 3, que Dieu visite le cœur. Vous pouvez le prier à son heure dans le bréviaire du jour.
Son verset 8 est par ailleurs devenu une formule de la prière du soir de l'Église. Chaque jour, aux Complies, après le répons bref In manus tuas, on chante le verset Custodi nos, Domine, ut pupillam oculi, avec la réponse Sub umbra alarum tuarum protege nos : Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil ; protégez-nous à l'ombre de vos ailes. La demande personnelle de David est devenue celle de toute l'Église au moment de s'endormir.
Comment prier le psaume 17
Le soir. À l'exemple des Complies, le verset 8 est une prière toute faite pour la nuit. On peut le dire au moment du coucher, après l'examen de conscience, en se remettant à la garde de Dieu et de son ange : la nuit où Dieu « visite » le cœur est aussi celle où il le protège. Il s'accorde avec le psaume 4, Cum invocarem, le premier psaume des Complies du dimanche, et avec le psaume 91, Qui habitat, où le fidèle est mis à l'ombre sous les épaules de Dieu et espère sous ses ailes.
Dans la calomnie. Quand on est accusé injustement, ce psaume apprend à ne pas se venger. On remet sa cause à Dieu, en lui demandant de sonder son propre cœur avant de juger celui des autres.
Pour désirer le Ciel. Le verset 15 se prie comme un acte d'espérance : ne pas chercher son rassasiement dans les biens de ce monde, mais dans la gloire de Dieu qui apparaîtra.
On le conclut par le Gloria Patri, comme à l'office.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 17 est-il aussi appelé psaume 16 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, suivies par la liturgie catholique, réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 17 des bibles modernes est donc le psaume 16 de la Vulgate, l'Exaudi, Domine, justitiam meam. C'est le même texte.
Que dit le psaume 17, verset 8 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Contre ceux qui résistent à Votre droite, défendez-moi comme la prunelle de l'œil. Protégez-moi à l'ombre de Vos ailes. » Les bibles faites sur l'hébreu disent garde-moi comme la prunelle de l'œil. C'est une demande de protection totale, que l'Église chante chaque soir aux Complies.
Qui a écrit le psaume 17 ?
Le titre l'attribue à David : « Prière de David ». La tradition y entend David persécuté par ses ennemis, et au-delà le Christ, le juste par excellence. Comme toute l'Écriture, il est inspiré par le Saint-Esprit.
Quelle est la signification du psaume 17 ?
C'est la supplication d'un innocent qui porte sa cause devant Dieu, demande sa protection contre des ennemis sans pitié, et attend son rassasiement non des biens de ce monde, mais de la gloire de Dieu. Les Pères y lisent la Passion du Christ et l'espérance de la résurrection.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 16 (17) · avec l'app
Accès anticipé