La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 83 (Vulgate 82) : Deus, quis similis, la prière contre la coalition des nations
Le psaume 83 des bibles modernes est le psaume 82 de la Vulgate, *Deus, quis similis erit tibi ?* : le cri d'Asaph devant les peuples ligués pour effacer le nom d'Israël, qui s'achève sur la confession du seul Très-Haut. Son texte complet suit, dans la traduction de l'abbé Fillion et en latin, verset par verset, avec l'explication en dessous.
Vous cherchez le psaume 82 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 81.
1 Canticum Psalmi Asaph.
1 Cantique psaume d’Asaph.
2 Deus, quis similis erit tibi ? ne taceas, neque compescaris, Deus :
2 O Dieu, qui sera semblable à Vous ? * Ne Vous taisez pas, ô Dieu, et ne Vous reposez pas.
3 quoniam ecce inimici tui sonuerunt, et qui oderunt te extulerunt caput.
3 Car voici que Vos ennemis font un grand bruit, * et ceux qui Vous haïssent ont levé la tête.
4 Super populum tuum malignaverunt consilium, et cogitaverunt adversus sanctos tuos.
4 Ils ont formé un dessein plein de malice contre Votre peuple, * et ils ont conspiré contre Vos saints.
5 Dixerunt : Venite, et disperdamus eos de gente, et non memoretur nomen Israël ultra.
5 Ils ont dit : Venez et exterminons-les du milieu des nations, * et qu’on ne se souvienne plus jamais du nom d’Israël.
6 Quoniam cogitaverunt unanimiter ; simul adversum te testamentum disposuerunt :
6 Ils ont comploté d’un même cœur, * et ensemble ils ont fait alliance contre Vous :
7 tabernacula Idumæorum et Ismahelitæ, Moab et Agareni,
7 les tentes des Iduméens et les Ismaélites ; Moab et les Agaréniens ;
8 Gebal, et Ammon, et Amalec ; alienigenæ cum habitantibus Tyrum.
8 Gébal, et Ammon, et Amalec ; * les étrangers avec les habitants de Tyr.
9 Etenim Assur venit cum illis : facti sunt in adjutorium filiis Lot.
9 Assur aussi est venu avec eux, * et s’est fait l’auxiliaire des fils de Lot.
10 Fac illis sicut Madian et Sisaræ, sicut Jabin in torrente Cisson.
10 Traitez-les comme Madian et Sisara, * comme Jabin au torrent de Cisson.
11 Disperierunt in Endor ; facti sunt ut stercus terræ.
11 Ils ont été détruits à Endor, * ils sont devenus comme le fumier de la terre.
12 Pone principes eorum sicut Oreb, et Zeb, et Zebee, et Salmana : omnes principes eorum,
12 Traitez leurs princes comme Oreb, et Zeb, et Zébée, et Salama ; tous leurs princes *
13 qui dixerunt : Hæreditate possideamus sanctuarium Dei.
13 qui avaient dit : Emparons-nous du sanctuaire de Dieu comme de notre héritage.
14 Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stipulam ante faciem venti.
14 Mon Dieu, rendez-les semblables à une roue, * et à la paille emportée par le vent.
15 Sicut ignis qui comburit silvam, et sicut flamma comburens montes,
15 Comme le feu qui brûle la forêt, * et comme la flamme qui consume les montagnes,
16 ita persequeris illos in tempestate tua, et in ira tua turbabis eos.
16 ainsi Vous les poursuivrez par Votre tempête, * et Vous les épouvanterez dans Votre colère.
17 Imple facies eorum ignominia, et quærent nomen tuum, Domine.
17 Couvrez leurs visages de confusion, * et ils chercheront Votre Nom, Seigneur.
18 Erubescant, et conturbentur in sæculum sæculi, et confundantur, et pereant.
18 Qu’ils rougissent et soient dans le trouble à jamais ; * qu’ils soient confondus et qu’ils périssent.
19 Et cognoscant quia nomen tibi Dominus : tu solus Altissimus in omni terra.
19 Et qu’ils connaissent que Votre Nom est le Seigneur, * et que Vous êtes seul le Très-Haut dans toute la terre.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 83 ou psaume 82 ?
Ce psaume porte le numéro 83 dans les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, et 82 dans la Vulgate, que l'Église a suivie dans sa liturgie et son bréviaire : la Vulgate réunit en un seul les psaumes 9 et 10, et sa numérotation retarde ensuite d'une unité. C'est le même chant d'Asaph, qui s'ouvre en latin par Deus, quis similis erit tibi ? La correspondance complète figure sur la page des Psaumes.
Les versets, eux, dépendent de la manière de compter le titre. La Vulgate, comme l'hébreu et la plupart des bibles françaises (la Louis Segond par exemple), en fait le verset 1 : le dernier verset est donc le 19. Les bibles anglaises et les traductions qui ne numérotent pas le titre, dont celle des Témoins de Jéhovah, en font le verset 18. Le « psaume 83, 18 » souvent cité est ainsi, ici, le verset 19.
Que signifie le psaume 83 ?
L'appel au Dieu qui se tait (v. 2-5). Le psaume commence par une adjuration : « O Dieu, qui sera semblable à Vous ? Ne Vous taisez pas, ô Dieu, et ne Vous reposez pas. » La raison est pressante : « Car voici que Vos ennemis font un grand bruit, et ceux qui Vous haïssent ont levé la tête. » Ils ne veulent pas seulement vaincre Israël, mais l'effacer : « Ils ont dit : Venez et exterminons-les du milieu des nations, et qu'on ne se souvienne plus jamais du nom d'Israël. »
La liste des conjurés (v. 6-9). Le psalmiste voit dans cette alliance une révolte contre Dieu lui-même : « Ils ont comploté d'un même cœur, et ensemble ils ont fait alliance contre Vous ». Il énumère dix peuples, qui encerclent Israël de tous côtés : Édom, les Ismaélites, Moab, les Agaréniens, Gébal, Ammon, Amalec, les étrangers (les Philistins), Tyr, et jusqu'à l'Assyrie, auxiliaire des fils de Lot. Aucune coalition historique connue ne réunit exactement ces noms ; la tradition y voit volontiers l'image de tous les ennemis du peuple de Dieu.
Le souvenir des victoires anciennes (v. 10-13). Asaph demande à Dieu de refaire ce qu'il a fait au temps des Juges : « Traitez-les comme Madian et Sisara, comme Jabin au torrent de Cisson. » Il rappelle la victoire de Débora et Baraq sur Sisara, général de Jabin, racontée au chapitre 4 du livre des Juges, et celle de Gédéon sur les princes de Madian, Oreb et Zeb, au chapitre 7. Ces princes avaient dit : « Emparons-nous du sanctuaire de Dieu comme de notre héritage. »
Les images de la dispersion (v. 14-16). « Mon Dieu, rendez-les semblables à une roue, et à la paille emportée par le vent. » On y voit souvent le chardon sec que le vent fait rouler dans le désert. Puis l'incendie de forêt, la flamme sur les montagnes, la tempête.
Le but : que Dieu soit connu (v. 17-19). Tout le psaume se retourne au verset 17 : « Couvrez leurs visages de confusion, et ils chercheront Votre Nom, Seigneur. » La honte demandée n'est pas une fin, mais un chemin vers Dieu. Et la conclusion est une profession de foi : « Et qu'ils connaissent que Votre Nom est le Seigneur, et que Vous êtes seul le Très-Haut dans toute la terre. »
Le verset 18 (19 de la Vulgate) : « Votre Nom est le Seigneur »
Le dernier verset est de loin le plus recherché, souvent à cause de la manière dont les Témoins de Jéhovah le citent. Là où l'hébreu porte le Nom divin révélé à Moïse au buisson ardent, le Tétragramme, la Vulgate et Fillion à sa suite disent « le Seigneur ». Ce n'est pas une infidélité : par révérence, les Juifs ne prononçaient pas ce Nom et lisaient à sa place Adonaï, « Seigneur », et la Septante, puis le Nouveau Testament lui-même, ont suivi cet usage.
La forme « Jéhovah » est une lecture tardive, née de la combinaison des consonnes du Tétragramme avec les voyelles d'Adonaï ; elle n'a jamais été celle de la liturgie de l'Église. Sur cette question, voir notre article sur les Témoins de Jéhovah. Le sens du verset, lui, ne dépend pas de cette discussion : il proclame que Dieu est unique et que son règne s'étend à toute la terre. Le Nom révélé à Moïse, « Je suis Celui qui est » (Exode, chapitre 3), dit l'Être même de Dieu, que nulle coalition ne peut atteindre.
La lecture des Pères
Les Pères ont lu ce psaume dans le sens spirituel, comme la prière de l'Église au milieu de ceux qui la combattent. Les nations liguées figurent les puissances qui, de siècle en siècle, se dressent contre le Christ et son Église, comme dans le psaume 2, Quare fremuerunt gentes, où les rois de la terre conspirent « contre le Seigneur et contre son Christ ». Saint Augustin s'arrête sur le verset 17 : la confusion demandée pour les ennemis est une prière pour leur conversion, afin qu'humiliés ils cherchent le nom du Seigneur. Les imprécations du psaume visent la ruine du mal, non la perte des âmes.
Le psaume 83 dans la liturgie
Dans le psautier du Bréviaire romain de 1962, le psaume 82 est chanté aux Matines du vendredi, l'office de nuit, à la suite des grands psaumes d'Asaph sur l'histoire d'Israël et ses épreuves, comme le psaume 79 (Vulgate 78), Deus, venerunt gentes. Vous pouvez suivre cet office dans le bréviaire du jour. On le rapprochera aussi du psaume 74 (Vulgate 73), autre supplication d'Asaph pour le sanctuaire menacé.
Comment prier le psaume 83
- Pour l'Église persécutée. Le psaume donne voix aux chrétiens menacés à cause du Nom, en demandant la confusion et la conversion des persécuteurs.
- Dans le combat spirituel. Les ennemis coalisés figurent aussi les tentations qui se liguent contre l'âme : on demande qu'elles soient dispersées comme la paille au vent.
- Comme une prière de protection. Devant une menace injuste, il remet la cause à Celui qui seul est le Très-Haut.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 83, verset 18 ?
C'est le dernier verset du psaume, numéroté 18 dans les bibles anglaises et chez les Témoins de Jéhovah, 19 dans la Vulgate, l'hébreu et la plupart des bibles françaises : « Et qu'ils connaissent que Votre Nom est le Seigneur, et que Vous êtes seul le Très-Haut dans toute la terre. » Il proclame l'unicité de Dieu et sa souveraineté sur tous les peuples. Là où l'hébreu écrit le Nom divin, la Vulgate et Fillion, fidèles à l'usage juif et apostolique, disent « le Seigneur ».
Le psaume 83 parle-t-il de Jéhovah ?
Le texte hébreu contient le Nom divin, le Tétragramme, que l'on ne prononçait pas. La forme « Jéhovah » en est une lecture tardive, qui n'appartient ni à la Bible ni à la liturgie de l'Église. Les traductions catholiques rendent ce Nom par « le Seigneur ».
Le psaume 83 est-il une prophétie sur une guerre future ?
L'Écriture le présente comme une prière de circonstance contre les voisins d'Israël. La tradition catholique l'a lu au sens spirituel, comme la prière de l'Église face à ses ennemis, non comme l'annonce d'un conflit politique précis. On le prie dans la foi, non pour deviner l'avenir.
Qui a écrit le psaume 83 ?
Son titre, « Cantique psaume d'Asaph », l'attribue à Asaph, chef des chantres établi par David. La tradition reçoit cette attribution ; l'auteur principal en est l'Esprit-Saint.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 82 (83) · avec l'app
Accès anticipé