La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 57 (Vulgate 56) : Miserere mei, Deus, miserere mei, à l'ombre de Vos ailes
Le psaume 57 des bibles modernes, psaume 56 de la Vulgate, est la prière de David caché dans la caverne pour échapper à Saül : « j'espérerai à l'ombre de Vos ailes, jusqu'à ce que l'iniquité ait passé », puis le chant de l'aurore, « Mon cœur est préparé, ô Dieu ». Son texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard, suit verset par verset ; l'explication vient ensuite.
Vous cherchez le psaume 56 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 55.
1 In finem, ne disperdas. David in tituli inscriptionem, cum fugeret a facie Saul in speluncam.
1 n’exterminez pas ; de David, inscription du titre, lorsqu’il s’enfuit de devant Saül dans une caverne.
2 Miserere mei, Deus, miserere mei, quoniam in te confidit anima mea. Et in umbra alarum tuarum sperabo, donec transeat iniquitas.
2 Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, * car mon âme a confiance en Vous. Et j’espérerai à l’ombre de Vos ailes, * jusqu’à ce que l’iniquité ait passé.
3 Clamabo ad Deum altissimum, Deum qui benefecit mihi.
3 Je crierai vers le Dieu très haut, * le Dieu qui m’a fait du bien.
4 Misit de cælo, et liberavit me ; dedit in opprobrium conculcantes me. Misit Deus misericordiam suam et veritatem suam,
4 Il a envoyé du Ciel Son secours, et Il m’a délivré ; * Il a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds. Dieu a envoyé Sa miséricorde et Sa vérité, *
5 et eripuit animam meam de medio catulorum leonum. Dormivi conturbatus. Filii hominum dentes eorum arma et sagittæ, et lingua eorum gladius acutus.
5 et Il a arraché mon âme du milieu des petits des lions ; j’ai dormi plein de trouble. Les enfants des hommes ont pour dents des armes et des flèches, * et leur langue est un glaive acéré.
6 Exaltare super cælos, Deus, et in omnem terram gloria tua.
6 Soyez exalté au-dessus des cieux, ô Dieu, * et que votre gloire brille par toute la terre.
7 Laqueum paraverunt pedibus meis, et incurvaverunt animam meam. Foderunt ante faciem meam foveam, et inciderunt in eam.
7 Ils ont préparé un filet pour mes pieds, * et ils ont courbé mon âme. Ils ont creusé une fosse devant moi, * et ils y sont eux-mêmes tombés.
8 Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum ; cantabo, et psalmum dicam.
8 Mon cœur est préparé, ô Dieu, mon cœur est préparé ; * je chanterai, et je psalmodierai.
9 Exsurge, gloria mea ; exsurge, psalterium et cithara : exsurgam diluculo.
9 Levez-vous, ma gloire ; levez-vous, mon luth et ma harpe ; * je me lèverai dès l’aurore.
10 Confitebor tibi in populis, Domine, et psalmum dicam tibi in gentibus :
10 Je Vous célébrerai, Seigneur, au milieu des peuples, * et je Vous chanterai parmi les nations ;
11 quoniam magnificata est usque ad cælos misericordia tua, et usque ad nubes veritas tua.
11 car Votre miséricorde s’est élevé jusqu’aux cieux, * et Votre vérité jusqu’aux nues.
12 Exaltare super cælos, Deus, et super omnem terram gloria tua.
12 Soyez exalté, ô Dieu, au-dessus des cieux, * et que Votre gloire brille par toute la terre.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 57 ou psaume 56 ?
Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, numérotent ce psaume 57 ; la Vulgate et la Septante, suivies par le Bréviaire et les Pères, le numérotent 56. L'écart vient de ce que la Vulgate réunit en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. C'est le même texte, qui commence par Miserere mei, Deus, miserere mei. Voyez la page des Psaumes pour les autres correspondances.
Que signifie le psaume 57 ?
Le titre : la caverne
Le titre porte une indication de chant, « n'exterminez pas », et situe la prière « lorsqu'il s'enfuit de devant Saül dans une caverne » (v. 1). Le Ier livre des Rois (1 Samuel dans les bibles modernes) mentionne deux cavernes : celle d'Odollam, où David se retire après Geth, et celle d'Engaddi, où Saül entre sans savoir que David s'y cache, et où David épargne la vie du roi. Le récit d'Engaddi se lit au chapitre 24 du Ier livre des Rois.
L'abri des ailes (v. 2 à 4)
Le psaume s'ouvre sur un double cri : « Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car mon âme a confiance en Vous » (v. 2). Puis vient l'image qui fait sa beauté : « Et j'espérerai à l'ombre de Vos ailes, jusqu'à ce que l'iniquité ait passé ». C'est l'oiseau qui couvre ses petits pendant l'orage. Le fugitif ne demande pas d'abord que le danger disparaisse ; il demande d'être couvert tant qu'il dure. La confiance repose sur l'expérience : « le Dieu qui m'a fait du bien » (v. 3), qui « a envoyé Sa miséricorde et Sa vérité » (v. 4).
Au milieu des lions (v. 5 à 7)
La menace est peinte avec des images de chasse : « Il a arraché mon âme du milieu des petits des lions ; j'ai dormi plein de trouble » (v. 5). Les ennemis ont des dents comme des armes et une langue comme un glaive. Ils ont tendu un filet, creusé une fosse, « et ils y sont eux-mêmes tombés » (v. 7) : le mal se retourne contre ceux qui le préparent.
Au milieu de ce tableau, un refrain s'élève, au verset 6 et au verset 12 : « Soyez exalté au-dessus des cieux, ô Dieu, et que votre gloire brille par toute la terre ». Le persécuté ne parle plus de lui-même ; il demande la gloire de Dieu.
Le chant de l'aurore (v. 8 à 12)
La seconde partie est un chant de victoire. « Mon cœur est préparé, ô Dieu, mon cœur est préparé ; je chanterai, et je psalmodierai » (v. 8). Le psalmiste réveille ses instruments : « Levez-vous, ma gloire ; levez-vous, mon luth et ma harpe ; je me lèverai dès l'aurore » (v. 9). La nuit de la caverne est finie. La louange déborde Israël : « Je Vous célébrerai, Seigneur, au milieu des peuples » (v. 10), « car Votre miséricorde s'est élevé jusqu'aux cieux, et Votre vérité jusqu'aux nues » (v. 11).
Ces versets 8 à 12 ont été repris presque mot pour mot au début du psaume 108, Paratum cor meum, qui les joint à la fin du psaume 60, Deus, repulisti nos.
La caverne et le tombeau : la lecture pascale
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, entend dans ce psaume la voix du Christ. La tradition a vu dans la caverne où David se cache une figure de l'abaissement du Christ et de son tombeau, et dans les lions les persécuteurs de la Passion. Le cri « Levez-vous, ma gloire » et la promesse « je me lèverai dès l'aurore » annoncent la Résurrection, au matin du premier jour de la semaine. L'Évangile garde la parole de l'ange aux saintes femmes : « Il n'est point ici ; car Il est ressuscité, comme Il l'avait dit » (Matthieu 28, 6). Le refrain « Soyez exalté au-dessus des cieux » s'accomplit dans l'Ascension. Voyez l'article sur Pâques.
L'ombre des ailes est l'une des images de la protection divine les plus fréquentes du Psautier. On la retrouve dans le psaume 17, Exaudi, Domine, justitiam meam (« Protégez-moi à l'ombre de Vos ailes »), dans le psaume 63, Deus, Deus meus, et dans le psaume 91, Qui habitat, où le fidèle est promis à l'espérance sous les ailes du Très-Haut.
Le psaume 57 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 56 de la Vulgate se dit à Sexte le mercredi, entre les psaumes 55 et 57. Au milieu du jour, quand la fatigue et les contradictions pèsent, l'Église demande l'abri des ailes de Dieu. Le bréviaire du jour permet de suivre l'office.
Au missel de 1962, le premier verset et le verset 4 forment le graduel du mercredi des Cendres : Miserere mei, Deus, miserere mei : quoniam in te confidit anima mea. L'Église ouvre ainsi le Carême sous l'ombre des ailes de Dieu.
Comment prier le psaume 57
Au matin. Les versets 8 et 9 sont une prière du réveil : « Mon cœur est préparé », « je me lèverai dès l'aurore ». Ils ont leur place dans la prière du matin.
Dans l'épreuve. Le verset 2 se prie quand le danger ne passe pas : ne pas demander d'abord qu'il disparaisse, mais d'être gardé sous les ailes de Dieu jusqu'à ce qu'il ait passé.
Au temps pascal. Avec les Pères, on peut le lire comme le chant du Christ sortant du tombeau, et y joindre sa propre résurrection spirituelle après la confession.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 57 est-il aussi appelé psaume 56 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate et la liturgie catholique le comptent 56 ; les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, le comptent 57. C'est le même psaume, le Miserere mei, Deus, miserere mei.
Quelle est la signification du psaume 57 ?
C'est la prière d'un homme traqué qui se met à l'abri sous les ailes de Dieu et finit par chanter à l'aurore. Les Pères y lisent la Passion, le tombeau et la Résurrection du Christ.
Le psaume 57 attire-t-il la chance ou la réussite ?
Non. Les psaumes ne sont pas des formules qui procureraient chance ou succès, et l'Église a toujours écarté cet usage superstitieux. Ce psaume enseigne autre chose : se confier à Dieu au milieu du danger et le louer quelle que soit l'issue. C'est en ce sens qu'il est puissant, parce qu'il remet tout entre les mains de Dieu.
Que signifie « à l'ombre de Vos ailes » ?
C'est l'image de l'oiseau qui protège ses petits. Elle dit une protection proche et tendre, sous laquelle on se tient « jusqu'à ce que l'iniquité ait passé ».
Que dit le psaume 57, verset 2 ?
« Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car mon âme a confiance en Vous. Et j'espérerai à l'ombre de Vos ailes, jusqu'à ce que l'iniquité ait passé. » C'est la prière d'ouverture, qui contient déjà tout le psaume.
Qui a écrit le psaume 57 ?
Le titre l'attribue à David, réfugié dans une caverne pendant que Saül le poursuivait.
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