La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 67 (Vulgate 66) : Deus misereatur, que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse
Deus misereatur nostri
Le psaume 67 des bibles modernes est le psaume 66 de la Vulgate, *Deus misereatur nostri, et benedicat nobis* : une bénédiction appelée sur Israël pour que toutes les nations connaissent le salut de Dieu. Court et lumineux, il fut pendant des siècles chanté chaque matin aux Laudes. Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset, avec l'explication en dessous.
Vous cherchez le psaume 66 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 65.
1 In finem, in hymnis. Psalmus cantici David.
1 Pour la fin, parmi les hymnes, Psaume, cantique de David.
2 Deus misereatur nostri, et benedicat nobis ; illuminet vultum suum super nos, et misereatur nostri :
2 Que Dieu ait pitié de nous, et nous bénisse ; * qu’Il fasse briller Son visage sur nous, et qu’Il ait pitié de nous.
3 ut cognoscamus in terra viam tuam, in omnibus gentibus salutare tuum.
3 Afin que nous connaissions Votre voie sur la terre, * et Votre salut parmi toutes les nations.
4 Confiteantur tibi populi, Deus : confiteantur tibi populi omnes.
4 Que les peuples Vous glorifient, ô Dieu ; * que tous les peuples Vous glorifient !
5 Lætentur et exsultent gentes, quoniam judicas populos in æquitate, et gentes in terra dirigis.
5 Que les nations soient dans la joie et l’allégresse, * parce que Vous jugez les peuples dans l’équité, et que Vous dirigez les nations sur la terre.
6 Confiteantur tibi populi, Deus : confiteantur tibi populi omnes.
6 Que les peuples Vous glorifient, ô Dieu ; que tous les peuples Vous glorifient ! *
7 Terra dedit fructum suum : benedicat nos Deus, Deus noster !
7 La terre a donné son fruit. Que Dieu, notre Dieu, nous bénisse !
8 Benedicat nos Deus, et metuant eum omnes fines terræ.
8 Que Dieu nous bénisse, * et que tous les confins de la terre Le craignent !
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 67 ou psaume 66 ?
Les bibles modernes le numérotent 67, d'après l'hébreu ; la Vulgate, la Septante, les Pères et le Bréviaire romain le numérotent 66, car ils réunissent les psaumes 9 et 10 en un seul. C'est le même psaume, que les livres liturgiques français actuels donnent aussi sous le numéro 66, avec le refrain Que Dieu nous prenne en grâce. Toutes les correspondances sont sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 67 ?
Ce petit psaume de sept versets a la forme d'une bénédiction liturgique, encadrée par un refrain. Son titre le range « parmi les hymnes » et l'attribue à David.
La bénédiction des prêtres (v. 2). Le premier verset reprend presque mot pour mot la bénédiction que Dieu avait confiée à Aaron et à ses fils : « Que le Seigneur vous montre Son visage, et qu'Il ait pitié de vous » (Nombres 6). Le psaume la transpose au « nous » : « Que Dieu ait pitié de nous, et nous bénisse ; qu'Il fasse briller Son visage sur nous, et qu'Il ait pitié de nous » (v. 2). Le visage de Dieu qui brille, c'est sa faveur, sa présence bienveillante.
Le but de la bénédiction (v. 3). Israël ne demande pas d'être béni pour lui seul. Il demande à l'être « afin que nous connaissions Votre voie sur la terre, et Votre salut parmi toutes les nations » (v. 3). La bénédiction du peuple élu est faite pour se répandre : c'est déjà l'horizon missionnaire de l'Église.
Le refrain des peuples (v. 4-6). Deux fois revient l'appel : « Que les peuples Vous glorifient, ô Dieu ; que tous les peuples Vous glorifient ! » (v. 4). Entre les deux refrains, la raison de la joie des nations : Dieu juge « les peuples dans l'équité », et il dirige les nations sur la terre (v. 5). Le gouvernement de Dieu n'est pas une menace pour les peuples : c'est leur bonheur.
La moisson (v. 7-8). Le psaume se termine par un constat : « La terre a donné son fruit » (v. 7). On a souvent pensé qu'il était chanté à la fête des récoltes. La bénédiction finale s'étend jusqu'aux limites du monde : « que tous les confins de la terre Le craignent » (v. 8).
La lecture des Pères et de la tradition
Le psaume dit trois fois le nom de Dieu dans la bénédiction finale : benedicat nos Deus, Deus noster, benedicat nos Deus. Plusieurs Pères y ont reconnu une annonce discrète de la Trinité, comme dans la triple bénédiction d'Aaron. La lecture est spirituelle et n'enlève rien au sens littéral ; elle rappelle simplement que la bénédiction parfaite est celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit, sous laquelle se termine toute la liturgie.
Le verset 7, « La terre a donné son fruit », a reçu dans la tradition une lecture christologique : la terre, c'est l'humanité, et son fruit le plus haut est le Christ, né de la Vierge. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, insiste surtout sur l'universalité du psaume : le salut de Dieu connu « parmi toutes les nations » est l'Église répandue sur toute la terre, et les Juifs comme les païens sont appelés à confesser Dieu.
Le vieillard Siméon, recevant l'Enfant au Temple, chante ce que le psaume demandait : un salut préparé « à la face de tous les peuples », « lumière pour éclairer les nations, et gloire d'Israël Votre peuple » (Évangile selon saint Luc, chapitre 2).
Ce psaume a ses frères. Le psaume 117, Laudate Dominum, omnes gentes, le plus court du Psautier, lance le même appel à tous les peuples. Le psaume 65, Te decet hymnus, décrit la terre que Dieu visite et qui donne sa récolte. Le psaume 96, Cantate Domino, invite toute la terre à chanter un cantique nouveau, et le psaume 72, Deus, judicium tuum, voit toutes les nations bénies dans le Roi messie.
Le psaume 67 dans la liturgie
Dans le psautier du Bréviaire romain de 1962, le psaume 66 de la Vulgate se chante aux Laudes du mardi, dans le schéma ordinaire (Laudes I) comme dans celui des temps de pénitence (Laudes II). Vous pouvez le prier ce jour-là dans le bréviaire du jour.
Avant la réforme du psautier par saint Pie X en 1911, il avait une place plus grande encore : il se disait chaque jour aux Laudes, à la suite du psaume 62, Deus, Deus meus, sous un seul Gloria Patri. L'Église unissait ainsi, au lever du jour, la soif personnelle de Dieu et la prière pour le salut de toutes les nations. Sur le sens de cet office du matin, voir l'article sur les Laudes.
Comment prier le psaume 67
- Comme une bénédiction. On peut le dire sur sa famille, sur ses enfants, sur une maison, en traçant le signe de croix au verset 8.
- Pour les missions. Le verset 3 est une prière pour que l'Évangile soit connu de tous les peuples.
- En action de grâces pour les biens de la terre, avec le verset 7, à la moisson ou à table.
- Le matin, à la suite du psaume 63, Deus, Deus meus, selon l'ancien usage des Laudes.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 67 ?
C'est une prière de bénédiction : Israël demande à Dieu de faire briller son visage sur lui, afin que toutes les nations connaissent son salut et le louent. La bénédiction d'un peuple devient ainsi la bénédiction du monde. La tradition y lit l'annonce de l'Évangile porté à tous les peuples.
Le psaume 66 Que Dieu nous prenne en grâce est-il le psaume 67 ?
Oui. Ce refrain de la liturgie française actuelle traduit le premier verset, Deus misereatur nostri, et le psaume y porte le numéro 66, comme dans la Vulgate. Dans les bibles modernes, c'est le psaume 67. Chez l'abbé Fillion : « Que Dieu ait pitié de nous, et nous bénisse ».
Qui a écrit le psaume 67 ?
Le titre de la Vulgate porte « Psaume, cantique de David », et l'Église a reçu cette attribution. L'hébreu le donne sans nom d'auteur. Sa parenté avec la bénédiction d'Aaron montre un psaume destiné au culte du Temple.
Quand prier le psaume 67 ?
Le matin, comme l'Église l'a fait pendant des siècles aux Laudes ; pour bénir les siens ; pour les missions ; ou en action de grâces pour les biens reçus. Il est assez court pour être appris par cœur, au moins dans son premier verset.
Le psaume 68 Exsurgat Deus est-il le suivant ?
Oui. Le psaume qui suit, Exsurgat Deus, porte le numéro 68 dans les bibles modernes et 67 dans la Vulgate. Vous le trouverez à la page du psaume 68, Exsurgat Deus.
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