La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 100 (Vulgate 99) : Jubilate Deo, acclamez Dieu, toute la terre
Jubilate Deo
Le psaume 100 des bibles modernes, psaume 99 de la Vulgate, est le *Jubilate Deo*, « Acclamez Dieu, toute la terre ; servez le Seigneur avec joie », le plus bref et le plus joyeux des cantiques d'entrée au Temple. Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset, avec l'explication en dessous.
Vous cherchez le psaume 99 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 98.
1 Psalmus in confessione.
1 Psaume pour la louange.
2 Jubilate Deo, omnis terra ; servite Domino in lætitia. Introite in conspectu ejus in exsultatione.
2 Acclamez Dieu, toute la terre ; * servez le Seigneur avec joie. Entrez en Sa présence * avec allégresse.
3 Scitote quoniam Dominus ipse est Deus ; ipse fecit nos, et non ipsi nos : populus ejus, et oves pascuæ ejus.
3 Sachez que c’est le Seigneur qui est Dieu ; * c’est Lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes. Nous sommes Son peuple, et les brebis de Son pâturage. *
4 Introite portas ejus in confessione ; atria ejus in hymnis : confitemini illi. Laudate nomen ejus,
4 Franchissez Ses portes avec des louanges, Ses parvis en chantant des hymnes ; célébrez-Le. Louez Son Nom,
5 quoniam suavis est Dominus, in æternum misericordia ejus, et usque in generationem et generationem veritas ejus.
5 car le Seigneur est suave ; Sa miséricorde est éternelle, * et Sa vérité demeure de génération en génération.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 100 ou psaume 99 ?
Les deux numéros désignent le même Jubilate Deo. Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, l'appellent psaume 100 ; la Vulgate, l'abbé Fillion, le bréviaire et les livres de chant l'appellent psaume 99, parce qu'ils réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Ainsi le psaume 99, Nous sommes son peuple, son troupeau d'une feuille de messe et « psaume 100 » dans une bible moderne renvoient au même texte. La page des Psaumes donne toutes les correspondances.
Que signifie le psaume 100 ?
Le titre le désigne simplement comme « Psaume pour la louange » (v. 1) ; l'hébreu précise : pour l'action de grâces, c'est-à-dire pour le sacrifice de louange offert au Temple. On imagine une procession qui monte vers le sanctuaire et s'arrête aux portes, où un chantre lance l'appel. Après le titre, le psaume ne compte que quatre versets dans la numérotation de Fillion, et pourtant il contient tout l'essentiel de la prière : l'invitation, le fondement, l'entrée, le motif.
L'invitation : servir avec joie (v. 2)
« Acclamez Dieu, toute la terre ; servez le Seigneur avec joie. Entrez en Sa présence avec allégresse » (v. 2). Trois impératifs, et tous trois joyeux. Le mot latin jubilate désigne le cri de joie qui dépasse les paroles. Le plus remarquable est le second : servite Domino in laetitia. Le service de Dieu n'est pas une corvée qu'on accepte ; il est la source même de la joie.
Le fondement : il nous a faits (v. 3)
« Sachez que c'est le Seigneur qui est Dieu ; c'est Lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes. Nous sommes Son peuple, et les brebis de Son pâturage » (v. 3). Le centre du psaume est un acte de connaissance : scitote, sachez. La joie repose sur une vérité : nous sommes créatures.
La Vulgate dit ipse fecit nos, et non ipsi nos ; l'hébreu peut se lire ainsi, ou bien : c'est Lui qui nous a faits, et nous sommes à Lui. Les deux lectures disent la même dépendance heureuse. Puis vient l'image pastorale : celui qui a fait le troupeau le conduit et le nourrit. C'est le Dieu du psaume 23, Le Seigneur est mon berger, et celui qu'annonce le Venite : « nous sommes le peuple de Son pâturage » (psaume 95, Venite exsultemus).
Psaume 100, verset 4 : l'entrée par les portes
« Franchissez Ses portes avec des louanges, Ses parvis en chantant des hymnes ; célébrez-Le. Louez Son Nom » (v. 4). C'est le verset le plus cherché. La procession arrive : elle passe les portes, puis traverse les parvis. Le latin dit in confessione et in hymnis : on entre chez Dieu par l'action de grâces, comme on entre chez un bienfaiteur en le remerciant. Pour le chrétien, ces portes sont celles de l'église où l'on entre pour la messe, et, au terme, celles de la Jérusalem céleste.
Psaume 100, verset 5 : la raison de la joie
« car le Seigneur est suave ; Sa miséricorde est éternelle, et Sa vérité demeure de génération en génération » (v. 5). Le psaume finit par le « pourquoi ». Trois attributs de Dieu fondent la louange : sa douceur (suavis), sa miséricorde qui ne s'épuise pas, et sa vérité, c'est-à-dire sa fidélité à ses promesses, qui traverse les générations. La joie demandée au verset 2 n'est donc pas un sentiment à fabriquer ; elle est la réponse raisonnable à ce que Dieu est.
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans son commentaire sur ce psaume, s'arrête longuement sur le mot jubilate. Jubiler, explique-t-il, c'est ce que font les moissonneurs et les vendangeurs quand la joie les déborde : ils commencent par chanter des paroles, puis, comme les mots ne suffisent plus, ils laissent éclater un chant sans paroles. Ainsi en est-il de Dieu, que nulle parole ne peut dire : quand on ne peut ni le taire ni l'exprimer, il reste à jubiler.
Le verset 3 a marqué l'une des pages les plus célèbres des Confessions. À Ostie, peu avant la mort de sainte Monique, Augustin et sa mère imaginent toutes les créatures se taisant après avoir dit : nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes, mais celui qui demeure éternellement nous a faits. C'est le non ipsi nos du psaume devenu contemplation.
La tradition a reconnu dans le Pasteur du verset 3 le Christ, qui dit : « Je suis le bon pasteur, et Je connais Mes brebis » (Évangile selon saint Jean, chapitre 10). Les nations convoquées au verset 2 sont l'Église rassemblée de tous les peuples, et les portes du verset 4 s'ouvrent désormais à tous.
Le psaume 100 dans la liturgie
Le bréviaire romain de 1962 le donne aux Laudes du dimanche, dans le schéma ordinaire, juste après le psaume 93, Dominus regnavit. Les deux psaumes ouvrent ensemble la louange du jour de la Résurrection : le premier proclame le Roi, le second invite toute la terre à entrer dans ses parvis. Suivent le psaume 63, Deus, Deus meus, le cantique des trois enfants et le psaume 148, Laudate Dominum de caelis. Vous pouvez prier cet office avec le bréviaire du jour ; notre article sur les Laudes en explique la structure.
Le Jubilate se chante, comme les autres psaumes de l'Office, sur les tons psalmodiques grégoriens.
Comment prier le psaume 100
- Le dimanche matin, comme l'Église, pour entrer dans le jour du Seigneur par la louange. C'est une excellente prière du matin en semaine aussi.
- En entrant dans une église, en disant le verset 4 au seuil : on franchit les portes de Dieu en le remerciant.
- En action de grâces après une grâce reçue, en complément de la prière de remerciement.
- Dans la lassitude du devoir, quand le service de Dieu paraît pesant : servite Domino in laetitia rappelle que ce service est une joie.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 100 est-il aussi appelé psaume 99 ?
Parce que la Vulgate et la Septante, que suivent la liturgie et l'abbé Fillion, comptent comme un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. Le psaume 100 des bibles modernes est donc le psaume 99 de la Vulgate, le Jubilate Deo.
Que dit le verset 4 du psaume 100 ?
Fillion traduit : « Franchissez Ses portes avec des louanges, Ses parvis en chantant des hymnes ; célébrez-Le. Louez Son Nom. » Le verset décrit l'entrée d'une procession au Temple : on ne s'approche de Dieu qu'en lui rendant grâces. Le chrétien y lit l'entrée dans l'église et, au terme, dans le Ciel.
Que dit le verset 5 du psaume 100 ?
« car le Seigneur est suave ; Sa miséricorde est éternelle, et Sa vérité demeure de génération en génération. » C'est le motif de toute la louange du psaume : la bonté, la miséricorde et la fidélité de Dieu, qui ne passent pas.
Le psaume 100 est-il de David ?
Ce psaume ne porte pas le nom de David : son titre dit seulement « Psaume pour la louange ». La tradition le rattache à l'ensemble du Psautier davidique. Le « psaume 100 de David » des livres liturgiques, numérotés selon la Vulgate, est le psaume suivant, Misericordiam et judicium, que les bibles modernes appellent psaume 101.
Quelle différence entre Louis Segond et Fillion pour le psaume 100 ?
La Segond, protestante, traduit l'hébreu et numérote 100 ; Fillion traduit la Vulgate et numérote 99. Le sens est le même, mais Fillion garde les nuances latines que la liturgie chante, comme « c'est Lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes ». Fillion offre ainsi une traduction catholique fidèle au texte latin de la liturgie.
Que signifie servir le Seigneur avec joie ?
C'est reconnaître que l'obéissance à Dieu n'est pas une contrainte, mais le bonheur de la créature qui vit selon ce pour quoi elle est faite. La joie du psaume naît de la vérité du verset 3 : nous sommes à Dieu, et il est bon.
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