La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 59 (Vulgate 58) : Eripe me de inimicis meis, la prière de David cerné par ses ennemis
Le psaume 59 des bibles modernes, psaume 58 de la Vulgate, est l'*Eripe me de inimicis meis, Deus meus* : la prière de David quand Saül fit garder sa maison pour le tuer, avec les ennemis qui rôdent le soir « comme des chiens » et le chant du matin, « je célébrerai avec joie Votre miséricorde ». Son texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard, suit verset par verset ; l'explication vient ensuite.
Vous cherchez le psaume 58 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 57.
1 In finem, ne disperdas. David in tituli inscriptionem, quando misit Saul et custodivit domum ejus ut eum interficeret.
1 n’exterminez pas ; de David, pour l’inscription du titre, quand Saül envoya garder sa maison pour le tuer.
2 Eripe me de inimicis meis, Deus meus, et ab insurgentibus in me libera me.
2 Sauvez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, * et délivrez-moi de ceux qui se lèvent contre moi.
3 Eripe me de operantibus iniquitatem, et de viris sanguinum salva me.
3 Délivrez-moi de ceux qui commettent l’iniquité, * et sauvez-moi des hommes de sang.
4 Quia ecce ceperunt animam meam ; irruerunt in me fortes.
4 Car voici qu’ils se sont rendus maîtres de ma vie ; * des hommes puissants se sont précipités sur moi.
5 Neque iniquitas mea, neque peccatum meum, Domine ; sine iniquitate cucurri, et direxi.
5 Il n’y a eu ni faute ni péché de ma part, Seigneur ; * j’ai couru et j’ai conduit mes pas sans injustice.
6 Exsurge in occursum meum, et vide : et tu, Domine Deus virtutum, Deus Israël, intende ad visitandas omnes gentes : non miserearis omnibus qui operantur iniquitatem.
6 Levez-Vous au-devant de moi, et voyez. * Et Vous, Seigneur, Dieu des armées, Seigneur d’Israël, appliquez-Vous à visiter toutes les nations ; * n’ayez pas pitié de tous ceux qui commettent l’iniquité.
7 Convertentur ad vesperam, et famem patientur ut canes : et circuibunt civitatem.
7 Ils reviendront le soir, et ils seront affamés comme des chiens, * et ils feront le tour de la ville.
8 Ecce loquentur in ore suo, et gladius in labiis eorum : quoniam quis audivit ?
8 Voici qu’ils parleront de leur bouche, et un glaive sera sur leurs lèvres ; * car qui est-ce qui a entendu ?
9 Et tu, Domine, deridebis eos ; ad nihilum deduces omnes gentes.
9 Et Vous, Seigneur, Vous Vous rirez d’eux ; * Vous réduirez à néant toutes les nations.
10 Fortitudinem meam ad te custodiam, quia, Deus, susceptor meus es :
10 C’est en Vous que je conserverai ma force ; car, ô Dieu, Vous êtes mon défenseur. *
11 Deus meus misericordia ejus præveniet me.
11 La miséricorde de mon Dieu me préviendra.
12 Deus ostendet mihi super inimicos meos : ne occidas eos, nequando obliviscantur populi mei. Disperge illos in virtute tua, et depone eos, protector meus, Domine :
12 Dieu me fera regarder par-dessus mes ennemis. Ne les tuez pas, * de peur qu’on n’oublie, mon peuple. Dispersez-les par Votre puissance, * et renversez-les, Seigneur, Vous qui êtes mon protecteur,
13 delictum oris eorum, sermonem labiorum ipsorum ; et comprehendantur in superbia sua. Et de execratione et mendacio annuntiabuntur
13 à cause du crime de leur bouche, des paroles de leurs lèvres ; * et qu’ils soient pris dans leur orgueil. Et l’on publiera leurs malédictions et leurs mensonges,
14 in consummatione : in ira consummationis, et non erunt. Et scient quia Deus dominabitur Jacob, et finium terræ.
14 au jour de la consommation, * dans la colère de la consommation ; et ils ne seront plus. Et ils sauront que Dieu régnera sur Jacob * et jusqu’aux extrémités de la terre.
15 Convertentur ad vesperam, et famem patientur ut canes : et circuibunt civitatem.
15 Ils reviendront le soir, et ils seront affamés comme des chiens, * et ils feront le tour de la ville.
16 Ipsi dispergentur ad manducandum ; si vero non fuerint saturati, et murmurabunt.
16 Ils se disperseront pour manger ; * mais, s’ils ne sont point rassasiés, ils murmureront.
17 Ego autem cantabo fortitudinem tuam, et exsultabo mane misericordiam tuam : quia factus es susceptor meus, et refugium meum in die tribulationis meæ.
17 Mais moi, je chanterai Votre puissance, * et le matin je célébrerai avec joie Votre miséricorde. Car Vous Vous êtes fait mon protecteur * et mon refuge au jour de ma tribulation.
18 Adjutor meus, tibi psallam, quia Deus susceptor meus es ; Deus meus, misericordia mea.
18 O mon défenseur, je Vous célébrerai, parce que Vous êtes le Dieu qui me protégez, * mon Dieu, ma miséricorde.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 59 ou psaume 58 ?
Les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, numérotent ce psaume 59 ; la Vulgate et la Septante, suivies par le Bréviaire, le numérotent 58. L'écart vient de ce que la Vulgate réunit en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. C'est le même texte, l'Eripe me de inimicis meis. La page des Psaumes réunit les correspondances. Les versets suivent ici la même numérotation que la Louis Segond : le titre est le verset 1, et le chant du matin le verset 17.
Que signifie le psaume 59 ?
Le titre : la maison gardée
Le titre situe le psaume « quand Saül envoya garder sa maison pour le tuer » (v. 1). L'épisode est raconté au Ier livre des Rois, chapitre 19 (1 Samuel dans les bibles modernes) : « Saül envoya donc ses gardes dans la maison de David pour s'assurer de lui et le tuer le lendemain matin. » Michol, sa femme, l'avertit et le fait descendre par la fenêtre pendant la nuit. Le psaume est la prière de cette nuit-là.
Le cri de l'innocent (v. 2 à 6)
« Sauvez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, et délivrez-moi de ceux qui se lèvent contre moi » (v. 2). Le verset suivant redouble : « Délivrez-moi de ceux qui commettent l'iniquité, et sauvez-moi des hommes de sang » (v. 3). David proteste de son innocence : « Il n'y a eu ni faute ni péché de ma part, Seigneur » (v. 5). Puis il appelle Dieu à se lever : « Levez-Vous au-devant de moi, et voyez » (v. 6).
Les chiens du soir (v. 7 à 9)
Le refrain le plus frappant revient deux fois : « Ils reviendront le soir, et ils seront affamés comme des chiens, et ils feront le tour de la ville » (v. 7, repris au v. 15). L'image est celle des chiens errants des villes d'Orient, qui rôdent la nuit en quête de nourriture. Les hommes de Saül tournent autour de la maison de la même manière. Mais Dieu n'est pas impressionné : « Et Vous, Seigneur, Vous Vous rirez d'eux » (v. 9).
La miséricorde qui prévient (v. 10 à 14)
Au milieu du danger, le psalmiste trouve sa force : « C'est en Vous que je conserverai ma force ; car, ô Dieu, Vous êtes mon défenseur » (v. 10). Le verset 11 est très court et très beau : « La miséricorde de mon Dieu me préviendra. » La grâce de Dieu vient au-devant de l'homme, avant même qu'il ne l'appelle.
Le verset 12 contient une demande surprenante : « Ne les tuez pas, de peur qu'on n'oublie, mon peuple. Dispersez-les par Votre puissance » (v. 12). David ne demande pas l'anéantissement de ses ennemis, mais leur dispersion, pour que le souvenir de la justice de Dieu demeure. Les versets 13 et 14 annoncent qu'ils seront pris dans leur orgueil, et que l'on saura « que Dieu régnera sur Jacob et jusqu'aux extrémités de la terre » (v. 14).
Le chant du matin (v. 15 à 18)
Les chiens reviennent encore le soir (v. 15 et 16) ; mais la nuit a une fin. Le verset 17, le plus cherché du psaume, est le chant de l'aube : « Mais moi, je chanterai Votre puissance, et le matin je célébrerai avec joie Votre miséricorde. Car Vous Vous êtes fait mon protecteur et mon refuge au jour de ma tribulation » (v. 17). Le psaume finit par un nom donné à Dieu : « mon Dieu, ma miséricorde » (v. 18), Deus meus, misericordia mea.
La lecture des Pères
Les Pères ont entendu dans ce psaume la voix du Christ, cerné par ceux qui voulaient sa mort alors qu'il était sans péché. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos et au livre XVIII de La Cité de Dieu, s'arrête au verset 12. Il y voit une prophétie sur le peuple juif : non détruit, mais dispersé parmi les nations, il garde les Écritures qui rendent témoignage au Christ, et devient ainsi, sans le vouloir, un témoin pour l'Église. Saint Paul affirme de son côté que Dieu n'a pas rejeté son peuple (Romains 11, 1) et annonce son salut final.
Le verset 11, Deus meus, misericordia ejus praeveniet me, a nourri la doctrine de la grâce prévenante : avant tout mérite et toute demande, la miséricorde de Dieu précède l'homme.
Ce psaume rejoint d'autres prières de délivrance : le psaume 18, Diligam te, Domine, le chant de David délivré de tous ses ennemis et de la main de Saül ; le psaume 143, Domine, exaudi, qui répète « Délivrez-moi de mes ennemis, Seigneur » ; le psaume 140, Eripe me, Domine, ab homine malo. Il fait suite au psaume 58, Si vere utique, autre appel au jugement de Dieu.
Le psaume 59 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 58 de la Vulgate se dit à None le mercredi, en deux sections : versets 2 à 11, puis versets 12 à 18. La première section s'achève sur « La miséricorde de mon Dieu me préviendra », la seconde sur « mon Dieu, ma miséricorde ». None, l'heure du milieu de l'après-midi, est aussi celle de la mort du Christ en croix. Vous trouverez cet office dans le bréviaire du jour.
Aux Ténèbres du vendredi saint, il ouvre le troisième nocturne des Matines, sous l'antienne Ab insurgentibus in me libera me, Domine, quia occupaverunt animam meam : l'Église y entend le Christ cerné par ceux qui veulent sa mort. Le missel de 1962 en tire l'offertoire du mercredi de la semaine de la Passion et le graduel du neuvième dimanche après la Pentecôte, tous deux sur le verset 2, Eripe me de inimicis meis, Deus meus.
Comment prier le psaume 59
Quand on se sent cerné. C'est la prière de celui qui est menacé, calomnié, encerclé par l'hostilité. Les versets 2 et 3 se disent tels quels. Il a sa place dans la prière de protection, à côté des psaumes de confiance.
Le soir et le matin. Le psaume suit le passage de la nuit au jour. Le soir, on remet à Dieu ceux qui rôdent ; le matin, on reprend le verset 17 dans la prière du matin, comme un chant de délivrance.
Contre les tentations. Les chiens qui tournent autour de la ville peuvent figurer les assauts de l'ennemi des âmes. Prié en ce sens, le psaume demande la garde de Dieu sur la cité intérieure.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 59 est-il aussi appelé psaume 58 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate et la liturgie catholique le comptent 58 ; les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, le comptent 59. C'est le même psaume, l'Eripe me de inimicis meis.
Que dit le psaume 59, verset 17 ?
« Mais moi, je chanterai Votre puissance, et le matin je célébrerai avec joie Votre miséricorde. Car Vous Vous êtes fait mon protecteur et mon refuge au jour de ma tribulation. » C'est l'action de grâces de l'aube, après la nuit du danger.
Que dit le psaume 59, verset 16 ?
« Ils se disperseront pour manger ; mais, s'ils ne sont point rassasiés, ils murmureront. » Le verset achève l'image des chiens affamés qui rôdent autour de la ville, juste avant le chant du matin.
Le psaume 59 sert-il à chasser ses ennemis ?
C'est une prière de délivrance, mais non une formule pour nuire à qui que ce soit. David remet sa cause à Dieu et demande même, au verset 12, que ses ennemis ne soient pas tués. On le prie pour être protégé et pour que la justice de Dieu se manifeste.
Qui a écrit le psaume 59 ?
Le titre l'attribue à David, au temps où Saül fit garder sa maison pour le mettre à mort.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 58 (59) · avec l'app
Accès anticipé